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1 Edward Hopper le Mer 5 Oct - 0:55

Mara


filou
Pour moi, Hopper représente une atmosphère particulière, face à laquelle l’esprit, la sensibilité hésitent devant la réaction à adopter. Hopper c'est le doute. Ses tableaux évoquent le calme, certes, mais pas la sérénité, ils sont pour moi mâtinés de tristesse, de monotonie, voire de mélancolie. Ils donnent une certaine vision de la vie en Amérique, d'une part, puisque Hopper est avant tout le peintre de New York ; mais également une certaine image des relations humaines.
Nombreux sont les tableaux qui évoquent, peignent la solitude, les couples silencieux, le manque de communication.
Pourtant, il m'évoque de la gaieté parfois, parce qu'il peint aussi le soleil, le calme dans les rapports humains, la présence silencieuse et attentive, donc respectueuse, les bords de mer, le vent, le mouvement du vent au bord de la mer...
De nombreux auteurs ou artistes se sont inspirés de l'oeuvre de Hopper, qui offre l'envie de créer aussi, qui ouvre à l'écho.


Edward Hopper (1882-1967)

pour commencer,
autoportrait (1925-1930)


puis le célébrissime "nighthawkes" (1942), qui est de loin mon préféré...



Dernière édition par le Mer 5 Oct - 1:01, édité 1 fois

2 Re: Edward Hopper le Mer 5 Oct - 0:57

Mara


filou

automat, 1927


ces trois tableaux font partie de ceux qu'Hopper a consacrés aux scènes en extérieur :

,
people in the sun


cat boat


ground swell, 1939

Je viens de lire un article dans lequel les tableaux de Hopper étaient tout simplement classés dans trois catégories :
-scènes d'intérieur ("home", sous entendu, scènes de la vie intime, familiale)
- scènes de rue (au sens littéral, bp de rues, de bâtiments chez Hopper, mais également bp de bars, de restaurants, de lieux inondés de lumière et assez froid malgré tout -type fast food je dirais)
- paysages

3 Re: Edward Hopper le Mer 5 Oct - 0:58

Mara


filou


hôtel by a roilroad, 1952



morning sun.




woman in the sun.




lighthouse, two lights, 1929


Eleven AM, 1942


New York movie


Office at night, 1940



Dernière édition par le Mer 5 Oct - 1:09, édité 2 fois

4 Re: Edward Hopper le Mer 5 Oct - 1:02

Mara


filou

city sunlight, 1954


lightouse hill, 1927

5 Re: Edward Hopper le Mer 5 Oct - 1:04

Mara


filou
Ci joint un extrait d'un texte de François Bon, auteur contemporain et très intéressant. Ce texte, qui est un essai, se nomme "Dehors est la ville", il associe le texte à des tableaux de Hopper.

(comme l'extrait que j'ai trouvé est un peu long,j'ai coupé, mais si vous rentrez bon, hopper, dans un moteur de recherche vous retrouverez tout l'extrait associé aux tableaux)

La ville est une fiction.

Cette ville n'existe pas. Ce qui se peint c'est notre idée de la ville, ce que nous mettons en jeu entre nous et le dehors lorsque nous disons le mot ville.

Parce que c'est là qu'on marche, et qu'entre soi et les autres s'est déposé le ciment et hissée la géométrie, et ce qui rend les visages indistincts et pareilles les fenêtres. La ville est ce qui nous sépare des autres hommes[...].

Et le ciel est une folie dressée, comme un cri dirait cette volonté d'arracher la peau du monde et de s'enfuir mais la ville vous colle à son sol, vous coince dans ses alvéoles.

L'usine tout devant, rien qu'un cube massif avec des cheminées : la ville en imposant ses volumes reste opaque, et cela vaut pour tout le paysage humain derrière, là où tout, eau, ciel et ville sont étendus à l'horizontale sauf cette usine, sans lampe ni veilleur. L'usine et son mystère témoignent seuls de par quoi la ville commande à ceux qui la font.

Rien ici qui soit pour l'homme, astreint à ces brouillons de fenêtre entre l'eau jaune et le ciel fou.
[...]
Alors la fiction n'est pas de reconstruire un monde linéaire de mots qui viendrait monter après le silence des toiles, où a déjà cessé tout bruit de la ville et donc des paroles qu'elle condense. La fiction c'est seulement d'accéder à cette présence, d'être là devant cette fenêtre où vole un rideau, d'où nulle parole ne nous vient et puis, dans le même glissement de présence, d'être maintenant dans la rue vide du dimanche matin, où les fenêtres sont rouges et les vitrines vertes, et où les mots sont illisibles parce que personne ne requiert les objets qui ici subsistent, que le langage donc ne sert plus et disparaît : les signes du monde ne valent que si nous sommes-là pour les lire.
[...]
Un instant surgit une vérité fixe de la ville, mais ici on ne peut venir et peindre. On a vu, un instant. On a été emmené.

Si par hasard on pouvait revenir, planter - même pas un chevalet et une toile - le bloc de papier et les crayons Conté, on ne saurait plus rien voir. Rien qu'un tunnel s'enfonçant sous des maisons.

Les maisons sont banales et grises, les rails sont ceux des trains de banlieue qui passent chaque quart d'heure, et il y a un escalier de service qui rejoint la rue et les rails. Derrière les fenêtres sont des gens et sans doute leurs meubles tremblent, sans doute les vitres des fenêtres noircissent plus vite parce qu'ici on est si près des trains. Rails pour jamais vides, rien ni personne n'est jamais entré dans ce tunnel, rien ni personne n'habite les géométries orange ou pâles qui dominent, le ciel même mangé.

Ce qui peut nous être livré d'une vérité de la ville, parce qu'il ne nous a pas été possible de s'y arrêter : on était emmené dessous, et c'est cela qu'il faut voir, que la ville existe et que notre chemin peut lui échapper, resurgir peut-être de l'autre côté, qu'il y a un dehors à la ville.

Enfoncement où tout grandit, où tout pèse et s'agglomère, et finalement vous surplombe et vous englobe, la ville.

6 Re: Edward Hopper le Mer 5 Oct - 1:07

Mara


filou
M.Foubert, prof de la Sorbonne a lancé une étude comparatiste sur les univers de Hopper et de Lynch, à travers les échos du peintre chez le cinéaste.
je vous livre un article qui me semblait synthétique et ouvrant diverses pistes de réflexion :
Un étrange croisement visuel s’opère à l’écran entre les deux peintres fétiches de Lynch : Hopper, pour l’utilisation de la couleur et le travail du cadre, et Pollock, pour le désordre sous-jacent qui vient parasiter la perfection académique de l’image. Mais c’est dans la veine d’Hopper que Lynch puise et retranscrit cette appartenance délicieusement « fifteen » de l’image, bien que l’action (depuis « Blue Velvet ») se déroule chaque fois de nos jours. Intemporalité exquise qui donne aux productions du réalisateur cette ambiance si particulière, notamment dans « Blue Velvet », « Fire walk with me », « Lost Highway », et plus encore dans « The Straight Story » et « Mulholland Drive ». Dans ce dernier, l’âge d’or d’ Hollywood et l’hégémonie de la « star » classique (allusion à Rita Haytworks) sont omniprésents. Lynch est fasciné par ce portrait du mythe américain d’après guerre que véhiculait Hopper à travers ses toiles. Le peintre, qui ne cachait nullement ses influences cinématographiques, s’attachait aux reflets sereins délivrés par une Amérique profonde, à ses habitants paisibles, à sa nature offerte, au travail de la terre et aux rêves évanescents « d’American Way » de ces contrées endormies. Complétement à contre courant vis à vis de l’abstraction reine au sein des milieux artistiques New-Yorkais de l’époque, Edward Hopper trouve aujourd’hui un public nostalgique de cette représentation vieillotte du rêve américain ; Lynch bien sûr, ou encore Wenders qui a reproduit à l’identique le tableau « Noctambules » dans une scène superbe de « The end of the violence ».
Et ne nous y trompons pas, si l’hommage à Edward Hopper se manifeste nettement dans « The Straight story », où Lynch s’attache lui-aussi à cette représentation grisonnante de l’Amérique profonde, on s’aperçoit que « Twin Peaks » et « Blue Velvet » reflètent finalement la même image de carte postale, cette même vision idyllique de la petite ville américaine typique où il fait bon vivre (la perversion et le crime camouflés en suspens).

7 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:21

Prométhée


filou


1914 - Nuit bleu

8 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:24

Prométhée


filou


1921 - Evening Wind

9 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:27

Prométhée


filou


1925 - House by the railroad

10 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:35

Prométhée


filou


1929 - Railroad sunset

11 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:39

Prométhée


filou


1932 - Room in Brooklyn

12 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:40

Prométhée


filou


1936 - Jo Painting ( la femme de l'artiste )

13 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:42

Rom's


Walk Away...
j'aime beaucoup certaines des oeuvres de Hopper,
particulièrement celles en interieur ...

Je voulais vous remercier Prom' et Mara de nous faire découvrir tout cela.
j'avoue que la peinture et la sculpture m'attire enormement mais n'étant pas vraiment initié ce n'est pas évident de s'y retrouver ..

Merci donc, j'apprends beaucoup grace à vous

En attendant de pouvoir m'étaler plus sur le sujet bise ...
Où tu veux, quand tu veux, mais surtout quand ça m'arrange

14 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:44

Prométhée


filou


1940 - Gas

15 Re: Edward Hopper le Ven 25 Nov - 16:46

Prométhée


filou


1943 - Summertime

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