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1 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 3 Juin - 18:15

Mara


filou
Merci pour ces ajouts Prom'.

Ce travail sur Pasolini ma toujours paru très accusateur. Pignon Ernest ayant reproduit une mise en scène,cela évoque la mort du poète mise en scène elle aussi. Ces dessins c'est un peu le cadavre de Polynice que l'on laisse pourrir aux portes de la ville pour rappeler à tous que la loi ne saurait être bafouée. Quelque part, j'ai toujours cru que c'était une façon de rendre visible ce crime, encore, de le renvoyer au monde comme un miroir et un acte d'accusation.


Je ne sais pas si je fais fausse route mais je trouve étrange que parmi les références artistiques, il ne souligne pas cet aspect de la composition, qui est loin d'être anodine. J'ai l'impression qu'il en parle un peu ici, mais de façon peu claire, indirecte. C'est quand même ce qui a dû venir à l'esprit des passants le plus facilement non ?

C'est curieux comme cet article (dont je ne nie pas l'intérêt) occulte la dimension eminemment politique de la démarche l'air de rien.

2 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 10 Nov - 0:08

Prométhée


filou
Je n'ai pas la même interprétation que toi, sur ce travail de Ernest Pignon Ernest. Je pense que n’ayant pas les mêmes références, nous ne situons pas cette œuvre sur le même plan. Personnellement, je connais uniquement et partiellement son oeuvre cinématographique, et le travail en question de Ernest Pignon Ernest fait visuellement du moins, selon moi, référence au film "Salo ou les 120 journées de Sodome". La mise en scène que tu évoques, et sur laquelle je te rejoints réutilise celle mise en œuvre dans le film. Je pense que Ernest Pignon Ernest a été marqué par l’univers cinématographique de Pasolini, univers qui semble logiquement le plus palpable pour un artiste s’exprimant par le visuel. Et dans l’œuvre cinématographique de Pasolini, pour en avoir vu plusieurs, sur un plan purement visuel, Salo est sans égal. De plus le sadisme de Salo, n’est pas sans rappeler celui de son assassinat.

Par contre parfaitement d’accord avec toi, sur la teneur et le manque de clarté de l’article en question, si l’avais été efficace, nous serions entrain de réfléchir sur l’ouverture, et non entrain de faire des suppositions sur son sens.



Dernière édition par le Dim 18 Nov - 15:33, édité 1 fois

3 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 10 Nov - 19:28

Mara


filou
Je te suis sur le fait que nous ne pouvons recouper nos interprétations que partiellement, n'ayant pas tous deux les mêmes références en tête (notamment sur Pasolini - dans cette oeuvre de pignon Ernest, je vois surtout un rappel de la tragédie antique revisitée, réactivée par Pasolini). C'est même assez rassurant de penser que Pasolini ou même Pignon Ernest puissent générer des interprétations diverses, en apparence inverses (politique versus visuelle).
Il faut que je voie les "120 journées de Sodome", il serait temps. Alros nous en reparlerons et je te demanderai sûrement de me préciser deux ou trois choses de ton interprétation visuelle.

Je surajoute peut-être à ce qu'Ernest dit (car il évoque le meurtre en question) parce que j'ai envie de croire que l'on pourrait oser jeter l'Art avec violence à la face du quotidien pour lui montrer ce qu'il peut(engendrer?) soutenir par son silence, ce quotidien. Cela ne m'étonnerait pas qu'Ernest Pignon Ernest ait envisagé cette lecture, car la plupart de ses oeuvres ont un fond politique et revendicatif évident et dont il ne se cache pas.

Mais à la rigueur peu importe, s'il peut susciter cette réflexion c'est déjà d'une rareté précieuse à mon avis. Il n'est pas donné à tout le monde de créer son propre univers (notamment visuel, mais également poétique, car ce visuel se lit et renvoie souvent aux auteurs), en réinventant celui d'un autre, lui-même relai d'une parole millénaire. Ce n'est pas forcément un but en soi, mais en tout cas c'est ce que je trouve personnellement de plus admirable chez un créateur (par goût personnel pour les liens entre les âges), et Pignon Ernest s'inscrit pleinement dans cette parole qui s'engendre unique, tout en traversant le temps - à mon humble avis volontairement, un peu comme on choisit ses pères. Il le fait et ne s'en cache pas, ne masque pas ses références les plus évidentes, à l'heure où il faudrait se "distinguer" absolument pour faire sens, à en devenir ridicule.

'fin bref... avé LOL
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

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