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1 ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 19:43

Mara

filou

J'y tiens, donc, c'est reparti! yeah! yeah! yeah!
<RAVIE!!!!!! balancoire




Né à Nice en 1942. Autodidacte. Ernest Pignon-Ernest collabore à la compagnie de Théâtre Benedetto de 1968 à 1971. A partir de la fin des années 60, il produit ses premières interventions publiques en collant des images en sérigraphie sur des supports urbains. Ce sera dès lors la caractérisque propre de son travail. Ses interventions dans la ville ont le plus souvent un caractère éphémère. L'originalité de sa démarche réside dans l'utilisation créative des lieux qu'il investit.

Un portrait de l’artiste, pour commencer :


Quelques-unes de ces oeuvres les plus célèbres, ce sont des sérigraphies, qui datent toutes de 1996, et qui s’intitulent « derrière la vitre » :


















Hommage au photographe-artiste yeah! , je ne sais pas qui c'est mais il a ASSURE!!!

2 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 19:44

Mara

filou

Je poursuis avec différentes œuvres, qui sont porteuses d’une interrogation politique, et d’un engagement plus qu’évident.
Pour la commémoration de la commune de Paris, Pignon Ernest a placé des sérigraphies sur les marches du sacré cœur, édifice construit, d’après ce que j’ai pu lire, selon les vœux d’un évêque hostile aux communards.

les gisants de la commune de Paris, 1971

il a au même moment placé ceci devant le métro Charonne :


dans un autre registre :
les expulsés, 1979


Ici, un collage qui renvoie aux jumelages de nos villes, le jumelage de Nice, et du Cap, œuvre de 1974 :




une intervention à Grenoble, « la bourse du travail », (je n’ai guère trouvé d’autres explications sur ce collage)




„les immigrés“, sérigraphie, 1975 :


sur l’avortement, sérigraphie, 1975 :

3 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 19:46

Mara

filou

Ici, quelques photos où l’on voit des oeuvres que Pignon Ernest a placées dans un village, Uzèches, qui accueillait un festival de musique :

Voici Beethoven (Prométhée, note que j’ai déliré –si tu te souviens de notre conversation- avec Chateaubriand alors qu’il s’agit bien sûr de Beethoven, dans un portrait très connu de lui, rrrr....LOL)



là une photo de l’artiste et de l’organisateur du festival, en pleine discussion pour convaincre un paysan de les laisser installer Wagner sur son mur...



(je ne sais qui est représenté ici...)

"Entretien extrait de Ernest Pignon-Ernest, éditions Herscher, Paris, 1990"

Dernière édition par le Dim 13 Mar - 21:29, édité 1 fois

4 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 19:54

Mara

filou

une expérience de sculpture qui est assez particulière.
un entretien de pignon ernest, avant de vous donner les photos de la chose...

En quoi ces sculptures sont-elles vivantes ?

« Comme les plantes, comme les feuilles, ces sculptures sont des accumulations de cellules végétales mises en forme : il leur faut du soleil, il leur faut de l’eau, sinon elles meurent, elles se dessèchent se décomposent. Elles assimilent la lumière du soleil, la transforme en glucose, en vie ; elles fixent le gaz carbonique et produisent de l’oxygène, elles respirent la nuit. C’est du végétal à forme humaine, traversé par le phénomène de la photosynthèse. Nous les avons conservées plusieurs mois dans la serre du Centre d’Etudes nucléaires de Cadarache. Claude Gudin craignait que la production de chaleur lors de la fabrication ait fragilisé les cellules. Il les a donc en partie réensemencées par injections. Il estimait à environ un milliard le nombre de cellules dans chaque personnage.
Il ne s’agit pas d’une « enveloppe » plastique remplie de cellules, ni même d’une éponge qui en serait imprégnée. Les cellules de micro-algues sont immobilisées au niveau moléculaire dans le polymère. Découvertes par le professeur Lewin de l’université de San Diego en Californie, elles ont pour nom Porphyridium cruentum et Chlamydomonas mexicana. Le laboratoire de biotechnologie solaire du C.E.N. de Cadarache les a « cultivées » et spécialement multipliées pour notre projet. »

Où et comment avez-vous intégré ces sculptures dans l’environnement ?

Une fois résolus les problèmes techniques posés par la réalisation de ces formes, il a fallu s’attaquer à celui de leur intégration dans la nature. La première installation s’est faite dans les Landes. Je les avais réparties sur environ trois cents mètres. On les découvrait en marchant, à travers un parcours proche de ce que je fais avec mes images dans les villes. La seconde fois, je les ai installées au Jardin des Plantes, à Paris. Si à propos de ces Arbrorigènes on a pu parler de recherche plastique sculpturale, celle-ci n’est évidemment pas dans la forme des personnages mais plutôt dans leur intégration à la nature. Il s’agissait de créer des rythmes, des vides, des pleins, de façon à ce que leur découverte et le décalage trouble qu’elles provoquent fassent de l’espace végétal un espace poétique et plastique.
Que sont devenus ces Arbrorigènes aujourd’hui ?
Plusieurs sont morts à Venise durant la Biennale de 1986. Je les avais installés à vingt mètres de haut. Ils n’ont pu être assez arrosés et se sont décomposés. Il en reste trois au musée Picasso d’Antibes sur la terrasse, une dizaine au Centre européen d’Action artistique contemporaine dans le parc de Pourtalès à Strasbourg, deux au Jardin des Plantes à Paris, quelques-uns en pension chez des amis...

Entretien extrait de Ernest Pignon-Ernest, éditions Herscher, Paris, 1990.









5 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 20:06

Mara

filou


un hommage à Pasolini.
Pignon Ernest a placé ceci dans les rues de la ville où vivait Pasolini.
Cela rappelle dans quel état il a été retrouvé mort : sur une plage, émasculé et ficelé...

pasolini est représenté sur ce dessin, à gauche, un hommage, et une reproduction du "David et goliath" du Caravage :





Le Caravage, david et Goliath.

nous devons cette image à prom' (j'me suis permis, prom' bise ) tchin !

Dernière édition par le Sam 12 Mar - 23:58, édité 1 fois

6 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 20:37

Gaara

super posteur

Interressant et super bien presenter ! Bon boulot, bravo ^^

All my life I've been waiting
For you to bring a fairy tale my way
Been living in a fantasy without meaning
It's not okay I don't feel safe

7 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 20:47

Mara

filou

Merci Gaara tchin !

je continue un peu mais j'ai pas tous mes liens que j'avais posté, donc, je vais pas tout vous mettre ce soir...


un parcours sur Maurice Audin, à alger.



un article sur cette expo :

Quel a été le déclic qui vous a amené à vous intéresser à l’Algérie ?
À l’origine, j’ai été invité à participer à une exposition ayant pour thème l’Algérie. Jean-Louis Pradel, qui en est l’organisateur, a fait un vrai travail de recherche, il y aura une vingtaine d’artistes, beaucoup de jeunes algériens qui n’ont jamais exposé en France, des Latinos, des Coréens... C’est assez international, quatre Français. Pour ce qui me concerne, je me suis toujours senti proche de l’Algérie. Ma culture c’est le bassin méditerranéen. À dix-neuf ans, j’ai dû partir en Algérie pour une guerre qui a été l’événement le plus violent de ma vie mais j’ai ressenti là-bas un vrai cousinage. Le village de Kabylie où j’ai débarqué ressemblait à l’arrière pays de Nice dont je suis originaire... des oliviers, des lauriers, des pois chiches... Cette guerre d’Algérie est à l’origine de ma conscience politique. La lecture de la Question d’Henri Alleg a été un choc terrible. Dans l’une de mes premières interventions images à propos de la semaine sanglante de la Commune, j’effectuais cet anachronisme symbolique de coller les images de communards massacrés sur les marches du métro Charonne.

Comment en êtes-vous arrivé à Maurice Audin ?
Dès que j’ai réfléchi au thème que je pourrais traiter à propos de l’Algérie m’est apparu évident que je n’étais pas en situation d’évoquer les drames qui traversent l’Algérie d’aujourd’hui. Nous sommes mal placés pour donner des leçons, même si ces difficultés ne sont pas toutes des séquelles du colonialisme. Très vite, il m’est apparu que je devais faire quelque chose, bien sûr lié à l’Algérie, mais qui pose question à la France d’abord. Si, comme je le souhaite, nous voulons renouer avec le peuple algérien, apaiser nos relations, les enrichir, cela ne pourra pas se faire sur le silence ou le mensonge. Il faudra obtenir que la vérité soit dite sur ce qu’a été réellement cette guerre. Dans sa singularité tragique, Maurice Audin incarne une exigence de vérité. Martyrisé, disparu, victime d’un crime toujours non reconnu, non avoué, il nous dit que l’on n’en a toujours pas fini avec " ça ". Avant de me lancer dans ce travail, j’ai rencontré Josette Audin. Sans son assentiment, je ne l’aurais pas fait. Même les silences de Josette Audin disent la violence conjuguée du crime, de la lâcheté et du mensonge qui persiste. Bien sûr, il n’est pas question de faire là de Maurice Audin un martyr à privilégier, parce qu’Européen, de la guerre d’Algérie, mais son martyre a symbolisé et symbolise encore les dérives, les monstruosités de la guerre coloniale et le courage, la dignité, les sacrifices de ceux qui se sont élevés contre cette guerre déshonorante pour notre pays. Tant que son corps n’aura pas été retrouvé, tant que la vérité n’aura pas été dite, son histoire reste à l’ordre du jour, exigeante, aiguë, vivante.

Comment avez-vous travaillé ?
Bien sûr, j’ai relu la Question d’Henri Alleg dans laquelle il rappelle ce mot d’Audin - le dernier je crois qui nous ai été rapporté - lorsqu’il le croise dans le lieu du supplice " c’est dur Henri ". J’ai lu l’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet. Josette Audin m’a donné des photos. Dans le regard de Maurice Audin, il y a un sourire, une jeunesse, une sorte d’espoir, une dynamique. Il avait vingt-quatre ans, trois enfants déjà, des études brillantes, c’est dire qu’il devait croire à l’avenir... Dans mon dessin, j’ai mis un peu de gravité. Dans un premier temps, j’ai tenté par un signe de symboliser la torture puis je l’ai effacé. J’ai eu le sentiment qu’il valait mieux suggérer ce potentiel de vie et de jeunesse, de confiance. Comme seul signe, un livre dans la main. Je me suis efforcé de suggérer, c’est difficile à exprimer à propos d’une image fixe, l’idée d’un homme en marche, une espèce de confiance. Dans sa façon même de tenir le livre quelque chose qui dise quelqu’un de résolu, assez de force et de conviction... On m’a dit que cette image rappelait celle de Rimbaud, que j’avais faite dans les années soixante-dix, ça n’est pas un hasard...

Dans ce dessin, j’ai fait en une journée, grâce à Jérôme Anykay, un tirage sérigraphique et je suis parti les coller à Alger. Les lieux de mes collages - autant que le dessin lui-même - sont mes véritables matériaux. En y inscrivant mes images, je les " travaille " plastiquement, j’en fais un espace plastique mais en même temps je travaille ce qui n’est pas du domaine du visible, je fais remonter à la surface la mémoire enfouie, les souvenirs oubliés. Je réactive leur potentiel symbolique.

Comment s’est passé le collage à Alger, comment avez-vous choisi les lieux ?
Comme je le disais, l’essentiel est surtout dans ce choix des lieux. Réussir à les appréhender, autant du point de vue plastique que symbolique. Trouver les lieux chargés d’histoire... J’ai été aidé par le centre culturel français, notamment par son animateur Hachemi Mokrane et par des professeurs et des étudiants de l’école des beaux-arts. J’avais parlé avec Henri Alleg et Josette Audin et relu le livre de Vidal-Naquet. J’avais une idée du parcours. La veille du collage, j’avais des doutes quant à l’adresse du lieu d’arrestation et du lieu de torture. C’est M. Chaâbane, qui était le régisseur du film de Jean-Pierre LLedo sur Henri Alleg, qui m’a conduit dans les lieux précis. Le collage débutait près de la place du 1er Mai, dans le quartier appelé " champ de manouvre du Groupe 6 ", où vivaient Maurice Audin, Josette et leurs enfants, où il a été arrêté ainsi que Henri Alleg, et se terminait rue Ali-Khodja à El Biar dans les bâtiments où ils furent torturés. J’ai collé aussi près de l’université, comme me l’avait suggéré Josette Audin, notamment dans la rue du 19-Mai 1956, qui est la date de l’appel à la lutte armée lancé par le FLN à l’adresse des étudiants et des universitaires. Bien sûr, collage aussi place Audin, lieu qui a immédiatement provoqué beaucoup de discussions, puis à la Maison de la presse, sur les bureaux d’Alger Républicain...

Quelles ont été vos impressions sur la réaction des Algériens à votre travail ?

Le moment le plus fort a été notamment au champ de manouvre. Trois sérigraphies avaient été lacérées et j’ai tenu à retourner en recoller. Cela a entraîné un attroupement et des discussions vraiment passionnées, un homme, âgé de quarante à quarante-cinq ans est descendu pour me dire : " Hier soir, j’ai compris que c’était Maurice Audin et je me suis rendu compte que tous ces adolescents de l’immeuble ignoraient qui il était, j’en aurai pleuré. Quand je pense qu’il est mort pour l’Algérie, avec les voisins nous avons parlé, nous allons créer une association et mettre une plaque. "

À El-Biar aussi, il y a eu des échanges très émouvants. Une femme très âgée a raconté comment Ali Boumendjel avait été jeté de la terrasse du même immeuble. La chaleur et la spontanéité des discussions me semblent témoigner que des choses sur ces moments douloureux ont un besoin aigu d’être dites et mes images ont comme contribué à montrer quelles sont à fleur des murs d’Alger.

Avez-vous le sentiment que les Algériens en général ne connaissent pas Maurice Audin ?
En fait, tout le monde connaît son nom, car énormément de taxis partent de la place Audin, mais j’ai le sentiment que peu savent qui il était. Parmi les étudiants qui ont travaillé avec moi, seuls les plus motivés, les plus " politiques " pouvaient le situer. Ils reconnaissaient tous que des pans de l’histoire de la lutte pour l’indépendance et notamment le rôle des intellectuels avaient été occultés. Le marasme que connaît le pays est d’ailleurs probablement dû aussi à ce que certaines de ses forces vives n’aient jamais été associées à la construction de l’Algérie indépendante. Mais je suis rentré cette fois avec le sentiment que les choses sont en train de changer. Mes rencontres avec la presse écrite, la radio, la télé, avec des musiciens, des écrivains, me semble-t-il, le laisse espérer.

Entretien réalisé par
Mina Kaci

8 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 21:46

Mara

filou


un hommage à Desnos et Nerval, posé près du lieu du suicide de Nerval, sur le mur du théâtre du Châtelet, à Paris...


9 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 23:49

Mara

filou



une image destinée à rappeler que l'Afrique se meurt du SIDA.




ces images lui ont été demandées par une association de lutte contre le sida (une OMG si ma mémoire est exacte).

Celles-ci ont été posée à Warwick (Afrique du sud), et font également écho à l'Apartheid...

10 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Sam 12 Mar - 23:53

Mara

filou

Un homage à Boccace, placé dans sa ville natale :





Boccace - Certaldo en Toscane ;
"J'étais dans la ville où est né et mort Boccace. J'ai
tout de suite envisagé une espèce d'hommage aux
contes de Boccace et à toutes ces aventures amoureuses,
ces débordements de sensualité alors que la grande
peste sévissait, le désir de vie intense avec la mort à
la porte. J'ai dessiné des hommes et des femmes
nus grimpant aux façades. Placés ainsi, ces rectangles
de papier blanc faisaient immédiatement penser à
des draps qui flottent aux fenêtres. La fable et la vie
dialoguaient dans un climat de complicité." E.P.E.


Dernière édition par le Dim 13 Mar - 20:50, édité 1 fois

11 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 13 Mar - 20:16

Prométhée

filou

Ernest Pignon-Ernest
Napoli’s Walls - Louis Sclavis


Du 18/05/2005 au 04/06/2005
Nouveau Théâtre d'Angers 12, place Imbach - ANGERS

Cette exposition fait écho à la rencontre de deux artistes, au travail de Pignon-Ernest sur les murs de Naples, à la musique de Sclavis qui rend hommage au peintre devenu ami, ainsi qu’à l’égérie commune,Naples elle-même.
Pignon-Ernest intervient directement sur les murs des villes qui l’inspirent, pour que les habitants ou passants rencontrent dans leur quotidien l’histoire de ces lieux, une mémoire enfouie ou effacée, la dimension invisible du monde auquel ils appartiennent. Ainsi dans la ville de Naples qui, pour lui, représente à elle seule la culture méditerranéenne, il choisit des endroits précis (porches, soupirails..) pour y coller ses grands dessins à la pierre noire ou des sérigraphies de dessins qui reprennent à l’échelle un des portraits ou des personnages issus de la peinture du Caravage, par exemple. Chaque dessin est réinterprété en fonction de l’endroit où il apparaît et révèle avec les suivants un parcours symbolique foisonnant de représentations mythologiques ou historiques. De loin en loin, les murs racontent l’histoire et les histoires de la ville. La première intervention date de 1987, d’autres suivront jusqu’en 1995. A son retour en France, elles donnent lieu à de nouveaux développements graphiques et photographiques qui redistribuent l’impact du travail dans l’exposition. Le compositeur et instrumentiste Louis Sclavis découvre le travail d’Ernest dans les rues de Naples «comme un livret d’opéra». Il décide de «se laisser porter par ses images, en guettant la sueur des murs..» pour parler à son tour de cette ville, c’est-à-dire engager un projet musical «sans réalisme, ni folklore» mais traversé de multiples influences, avec un quartette inédit. Le résultat nous entraîne dans une exploration bouleversante. Fruit des interventions à Naples, l’exposition rassemble dessins préparatoires, gravures, photographies. Elle s’ouvre le même soir que le concert du quartette de Louis Sclavis, juste quelques heures plus tôt, pour permettre de voir puis d’écouter une rencontre et les ondes qu’elle continue de propager.


LOUIS SCLAVIS - NAPOLI'S WALLS

Direction artistique / Recording Producer Louis Sclavis
Enregistré et mixé / Recorded and mixed 12/2002
aux Studios La Buissonne
par Gérard de Haro et Gilles Olivesi
Executive Producer Manfred Eicher

Louis SCLAVIS cls, ss, bs
Vincent COURTOIS violoncelle, electronics
Médéric COLLIGNON pocket trumpet, vo, horn, perc, electronics
Hasse POULSEN g

Title - Composition
1 Colleur de nuit (dedicated to Ernest Pignon-Ernest) - L.Sclavis
2 Napoli's Walls (dedicated to bambini) - L.Sclavis
3 Mercè (dedicated to Gesualdo) - L.Sclavis
4 Kennedy in Napoli (dedicated to Charles Mingus) - L.Sclavis
5 Divinazione moderna I - L.Sclavis
6 Divinazione moderna II (dedicated to Erri de Luca) - L.Sclavis
7 Guetteur d'inaperçu (dedicated to Daniel Mermet) - L.Sclavis
8 Les apparences (dedicated to Antonietta) - L.Sclavis
9 Porta segreta (dedicated to Enzo Tedesco) - V.Courtois
10 Il disegno smangiato d'un uomo (dedicated to Vesuvio) - L.Sclavis

"Colleur de Nuit"

"Napoli's Walls"

"Mercè"

"Kennedy in Napoli"

"Divinazione moderna I"

"Divinazione moderna II "

"Guetteur d'inaperçu "

"Les Apparences "

"Porta segreta"

"Il Disegno Smangiato d'Un Uomo "



David et Goliath d'apres Caravage -
Dessin a la pierre noire reunissant les tetes tranchées de Caravage et Pasolini
collé in Vico Seminario De Nobili
1998



Donna con lenzuolo
1990



Epidemies
1990

Dernière édition par le Dim 13 Mar - 22:51, édité 10 fois

12 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 13 Mar - 20:26

Prométhée

filou


La mort de la Vierge
Dessin a la pierre noire inspiré de Caravage
collé a Spacca Napoli
1990



Les ames du Purgatoire
Dessins a la pierre noire
collé a la Zecca
1990



Le soupirail
1990

Dernière édition par le Dim 13 Mar - 22:46, édité 2 fois

13 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 13 Mar - 20:35

Prométhée

filou


Le Ventre de Naples
1995




Virgilienne
1995




Le Soupirail
1990



Epidemies
collé Piazza Domenico Maggiore
1992

Dernière édition par le Dim 13 Mar - 22:45, édité 4 fois

14 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 13 Mar - 20:48

Mara

filou


voilà un extrait de son travail sur Artaud dont parle l'article ci-dessus.

les photos sont donc de lui, probablement toutes.OK, merci pour cet article Prom'.

j'avais oublié de remettre les références ok pour les photos d'Uzerches, sorry Prom', je les avais mises plus haut, à propos des arborigènes.

"J'utilise la force subjective de la ville, mes images font
apparaître des choses qui potentiellement sont déjà là."

"Mes images puisent à la source des cités. Elles naissent
de l'espace offert par le mur, elles s'expriment par le face
à face avec celui qui les découvre, leur dégradation
contribue à les inscrire dans la ville."
Ernest Pignon-Ernest

15 Re: ERNEST PIGNON ERNEST!!!! le Dim 13 Mar - 22:29

Prométhée

filou

Reflexion : Produits dérivés de la révolte. Entretien avec Ernest Pignon-Ernest.

Bulletin de la SFP, 7e série-N°3, mai 1998, p. 13-15.

Né en 1942, Ernest Pignon-Ernest est une figure de l'art engagé en France depuis les années 1970. Célèbre pour ses installations de dessins dans les rues, ses récentes expositions à la galerie Lelong présentent de nombreux tirages photographiques. Œuvres ou documents ? Réponse en forme de paradoxe.



Quelle est la place de la photographie dans votre travail ?
Longtemps, je suis resté réservé quant à la représentation de mon travail par l'intermédiaire de photographies. C'est pourquoi, pendant plusieurs années, je n'ai ni exposé ni publié quoi que ce soit sur mes interventions. Celles-ci consistent à glisser un élément de fiction dans un lieu réel. Toutefois, je précise que ce que je colle sur les murs, c'est une image et non un trompe-l'oeil. La photographie de mes interventions fausse tout, dans la mesure où elle unifie sur un même plan et sur un même matériau mon image. Elle accentue l'effet d'illusion en cadrant et en enlevant les points de repère qui se trouvent dans la rue. La photographie trahit mon travail car le chaos visuel de la rue, la multiplicité des points de vue, la rencontre physique avec mes images sont totalement laminés. Elle impose un cadrage alors que toute ma démarche est bâtie sur le refus du cadre.

Quand avez-vous commencé à photographier vos interventions ?
En 1974, à l'époque où je travaillais sur une intervention à Nice. J'avais demandé à un copain de photographier mes images collées et j'ai été tellement déçu par le résultat que je me suis acheté un appareil pour prendre en photo mes collages moi-même.

Aujourd'hui, quel matériel utilisez-vous ?
Un boîtier Nikon FM2 avec un objectif 50 mm et un zoom 30-70 mm, ainsi qu'un compact automatique Canon. Pour ma dernière intervention, Georges Rousse m'a prêté un boîtier moyen format, ce qui m'a permis de découvrir un nouveau format de photographie. J'utilise n'importe quel film, je n'y connais rien en technique et ça ne m'intéresse guère. Pour le développement, je fais faire mes tirages dans des laboratoires amateurs, mais je fais appel à des professionnels lorsqu'il s'agit de tirages d'exposition. Et je contrôle chaque tirage, quitte à les faire refaire.

Pour votre dernière exposition à la galerie Lelong, vous avez dissocié les dessins des photographies et numéroté ces dernières de 1 à 5. N'est-ce pas là une démarche d'auteur ?
Absolument pas. Pour cette exposition, l'espace de la galerie ne se prêtait pas à l'association des dessins et des photographies. Nous avons préféré consacrer une première salle aux esquisses et dessins préparatoires et une seconde aux photographies. La numérotation des photographies s'est avérée nécessaire pour les collectionneurs, mais je n'y attache au-cune espèce d'importance.

Pourquoi alors exposer des photographies ?
Malgré mes réserves, je préfère que l'on appréhende mon travail par la photographie plutôt que par mes dessins qui ne sont que la première étape du travail. Et si l'on n'a pas eu l'occasion de croiser mes sérigraphies collées dans la rue, la photographie est le médium qui restue le plus fidèlement ma démarche. D'ailleurs, lorsqu'une personne achète un de mes dessins, je demande souvent qu'on lui offre la photographie de ce même dessin mis en situation. Je cherche à mettre un maximum d'indices dans mes photographies, un sol, un graffiti, un scooter, des gens qui passent, pour que l'atmosphère générale du lieu choisi soit ressentie.

Vous vous êtes souvent inspiré de photographies pour vos dessins, notamment pour "Prométhée" et "Rimbaud" Quelle place leur accordez-vous, est-ce un support de travail ?
Tout à fait, mais ce que je cherche avant tout c'est à me libérer au maximum de la photographie. Un portrait photographique me donne une idée du personnage. Mais ça reste un portrait réaliste. Un dessin est par essence antinaturaliste. Pour mes études sur Antonin Artaud, j'ai rassemblé un grand nom-bre de photographies. À partir de là, j'essaie de re-tenir les traits caractéristiques pour obtenir une synthèse qui sera le portrait définitif. En fait, mon rapport à la photographie est conditionné par le fait que je me sens très mal à l'aise devant les modèles. L'intimité, le rapport peintre-modèle me troublent énormément. Alors, j'ai décidé il y a longtemps déjà de procéder ainsi : j'exécute d'abord une esquisse préparatoire que je montre au modèle afin qu'il ou elle reprenne la pose. Puis, je photographie mes modèles pour ensuite travailler au dessin définitif à partir de ces mêmes photographies. C'est pourquoi j'ai stocké un nombre important de photographies, c'est une sorte d'iconographie personnelle qui s'enrichit au fil des années. D'ailleurs, je développe souvent moi-même mes photographies, car je serais gêné que quelqu'un d'anonyme tombe là-dessus.

Quel statut, au final, donnez-vous à la photographie au sein de votre travail ?
La photographie, dans le cadre de mes interventions, n'est qu'un document, une trace, une mémoire, le moyen d'archiver mon travail. Ce n'est en aucun cas une oeuvre d'art. L'oeuvre, c'est l'intervention de mes dessins dans la rue. Lorsque l'on achète une de mes photographies, c'est la photographie d'une de mes interventions et non une oeuvre plastique en soi.

Le département photographique du musée national d'Art moderne a acquis une dizaine de vos photographies, et on vous a consacré deux pages dans l'ouvrage d'histoire de la photographie publié chez Skira. Comment analysez-vous ce phénomène ?
Si les institutions ne retiennent que mes photographies, c'est que les acheteurs n'ont pas compris mon travail. Et puis, enfin, l'homme reste un être nourri de paradoxes et de contradictions, non ?

Propos recueillis par Hermine Bourgadier.

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