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1 Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:20

Mara


filou
Pour l'heure, je classe les repros dans l'ordre chronologique, pour pouvoir percevoir une évolution.je complèterai la chose plus tard.

1930-1945 :


autoportrait, 1930



portrait, 1932



composition, 1932



gouache, 1929



intérieur d’une pièce, 1933



sans titre, 1944



figure study I, 1945-46



figure in study III, 1945-46



figure dans le paysage, 1945
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

2 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:21

Mara


filou
1949 :


Head I, 1949



Head II, 1949



Head III, 1949



Head V, 1949
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

3 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:23

Mara


filou
1950-1952 :



étude d'après Vélasquez, 1950
( j'adore ce tableau yeah! )




portrait de Lucien Freud, 1951



crouching nude on a rail, 1952



Man screaming, 1952



Man kneeling in the grass, 1952



Nude study, 1952



Elephant fording a river, 1952



Landscape after Van Gogh, 1952

Je ne connaissais pas les nombreuses toiles de Bacon inspirées par le travail de Van Gogh, ou par sa figure de peintre. Bacon l’a représenté à de nombreuses reprises. Certaines de ces toiles sont de magnifiques hommages à l’impressionnisme.



Dog I, 1952



Dog II, 1952
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)



Dernière édition par le Mer 7 Déc - 0:28, édité 1 fois

4 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:26

Mara


filou
1953 :


Dog with man, 1953


Etude de la tête, 1953


Figure in a room, 1953


Babouin, 1953

Suivent plusieurs études sur des portraits de pape. Je vous mets toutes celles que j’ai trouvées, même si elles n’ont à l’évidence pas un sujet très varié, je pense que l’obsession qui ressort de ce nombre est une approche comme une autre pour entrer dans l’œuvre de Bacon.
Pour l’instant, c’est ce qui me fascine chez lui, cette obsession et l’évolution évidente que l’on perçoit dans les portraits, quand au fur et à mesure une nouvelle peinture se fait jour.


étude Portrait III, 1953


étude portrait IV, 1953


étude portrait VII, 1953


étude portrait VII, 1953


étude portrait VIII, 1953
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5 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:28

Mara


filou
1954


Figure with meat, 1954



figure in the grass, 1954
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

6 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:29

Mara


filou
Une série d’hommes en bleu :


Man in blue I, 1954


Man in blue, III, 1954


Man in blue IV, 1954


Man in blue VII, 1954
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

7 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:30

Mara


filou

Chimpanzee, 1954


Cardinal, 1955


Headwound, 1955



Owls, (chouettes) 1956
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8 Re: Francis Bacon le Mar 6 Déc - 23:49

Mara


filou
Bacon a fait de nombreux triptyques. La plupart sont des portraits d’après ce que j’ai pu observer, mais je vous poste ici deux crucifixions (1962 et 1965) :


Crucifixion, 1962 – panneau de gauche


Crucifixion – panneau central


Crucifixion – panneau de droite

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9 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 0:00

Mara


filou
triptyque de portraits de Dryer :


Portrait de Dryer, 1964


portrait central


Portrait de droite du triptyque consacré a Dryer en 1964
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

10 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 0:13

Mara


filou
site intéressant sur lequel j'ai pioché ces repros

si Bacon vous intéresse, je peux vous passer sans pb le dossier constitué ce soir, avc les repros glanées sur ce site.

Je n'ai pas fini de les enregistrer, c'est assez long comme travail.

J'ai les repros de 1929 à 1969, si cela tente quelqu'un, ne vous prenez pas la tête à constituer le dossier, prenez les dernières repros et on échange les données. tchin !

Voili voilou, en attendant vos impressions of course.

les miennes :
j'ai toujours accroché assez facilement avec l'univers de Bacon, qui me semblait plus noir qu'il ne semble être en réalité. Je n'avais qu'une vue partielle de son travail, que je trouvais à tort assez répétitif. Il a en fait beaucoup évolué, et de façon assez époustoufflante.
Les hommages à Van Gogh sont touchants.
Les séries de portraits aussi, et ils montrent une évolution impressionnante. J'ai l'impression en les regardant que le trait de Bacon, s'il se complexifie sur le plan de la couleur, revient à l'origine de nos corps en se rapprochant du squelette, du crâne, voire du singe, en remontant dans le temps (là c'est sans doute moi qui ai trop fumé, mais c'est mon impression).
De plus, Bacon, en gagnant en dûreté apparente dans les lignes, ( les portraits qui semblent de plus en plus lointains du visage tel qu'il nous apparaît ), gagne en couleur, dans une peinture dont les contours deviennent flous, fluides, presques liquides parfois.
Paradoxe intéressant, parce que je pensais vraiment à Bacon en l'associant au corps torturé. Or, à force de regarder ces repros, en voyant évoluer les couleurs et les contours, ce n'est plus du tout l'impression qui se dégage de sa peinture pour moi. Etrange métamorphose. Le corps, en semblant se déstructurer toujours plus, gagne pourtant en lumière, en contours, semble accrocher la lumière, le regard. Les gammes de couleurs utilisées au fil des années, et leur évolution ne sont sans doute pas pour rien dans mon impression.

'fin bref, je ne vois plus le bonhomme en question avec les mêmes yeux, et j'ai envie d'en voir en vrai. bounce
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

11 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 0:22

Mara


filou
un portrait évolutif en exemple :


1965, Isabelle Rawsthorne


1965, autre volet du même tryptique


1966



Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

12 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 0:26

Mara


filou

1967


1967


1968, triptyque



Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

13 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 17:37

Shogun


tokugawa spirit
merci mara

il faut que j'prenne le temps de bien appercevoir ce que tu montre ici comme repros, mais juste d'un simple coup d'oeuil trop rapide, j'trouve cela exelent, j'connaissé quelques une de ces toiles, m'erci de m'en avoir fais decouvrir beaucoup plus

:bise:
« J'ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès. »

http:\\basicinstinct.forumactif.com

14 Re: Francis Bacon le Mer 7 Déc - 21:07

Mara


filou
de rien, la suite sous peu dès que j'ai un brin plus de temps yeah!

je ne connaissais pas non plus très bien, j'en ai vu bp que je ne connaissais pas sur le site dont je vous ai refilé le lien, un vrai bonheur.

vi, je me doute que t'as pas trop le temps, quand tu seras connecté ça sera plus simple, quoique si tu continues à te tuer au boulot... surpris
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

15 Re: Francis Bacon le Mer 14 Déc - 20:01

Prométhée


filou
Merci a toi Mara pour ce topic sur Bacon , pour toutes ces repros - resultat d'un travail certainement fastidieux , mais nous permettant maintenant d'avoir un superbe aperçue de l'oeuvre de Bacon - et pour le lien qui est hyper complet au niveau de ses oeuvres.


Personnage dans un jardin


Francis Bacon faisait débuter son parcours artistiques avec "Trois études de figures au pied d'une Crucifixion", un tableau de 1944, alors qu'il avait commencé à peindre dix années auparavant, produit déjà plusieurs tableaux remarquables ("Personnages dans un jardin", de 1936) et participé a des expositions qui lui avait permis de se faire connaitre. Ce tableau est une oeuvre à la force expressive trés dure. Pourtant elle ne représente aucune action violente. Une certaine violence indéfinie, inhumaine, survenue dans un espace-temps dont nous ne savons rien, et qui d 'ailleurs est étranger au tableau, marque cependant d'horreur les formes et les zones de couleurs qui les entourent.


Trois études de figures au pied d'une Crucifixion


La composition est donnée en trois toiles de même format, reliées entre elles de manières à former un triptyque. Bacon utilisera par la suite cette diposition originale à chaque fois que son sujet pictural lui semblera l'exiger. La couleur orange appliquées sur l'ensemble des trois toiles frappe si violemment le spectateur que sa perception en est totalement imprégnée et qu'il ne peut plus lire les formes représentées selon les conventions de la logique rationnelle. Un seul sentiment rapproche les personnages qui se détachent isolés, chacun sur une toile: c'est l'expression furieuse, douloureuse et horrifiée de victimes, de témoins d'une action qui produirait ce sentiment de tragedie atroce. Les éléments humains et bestiaux des personnages, mêlés dans une même déformation, sont si impénétrables et si ambigus qu'ils ne permettent pas de distinguer la moindre signification explicite. Toute tentative visant a reconnaitre, dans la morphologie de ces corps, une intention premiere, identifiable selon la logique, est absolument vaine si l'on considère que cette peinture nous place dans un domaine inconnu, aux frontieres duquel la logique conventionnelle est obligées de s'arreter. Pour Bacon, la peinture n'est pas un champ d'imitation de la réalité apparente mais une action autonome et artificielle qui émane des besoins les plus profonds et instinctifs de l'homme. Action qui est de gouvernée essentiellement par la force profonde, sauvage, d'une expression. La juxtaposition et l'assemblage du magma gris des corps avec d'autres couleurs expriment, dans les"Trois études de figures au pied d'une Crucifixion" , le rendu déchirant d'un cri, sans tenir compte de sa nature et de son origine. C'est un cri réduit à sa force primaire, au-dela du besoin normal, humain de manifester et de résoudre les causes d'un mal-etre. Un cri plus animal qu'humain, si extreme qu'il n'est plus conscient de ses limites expressives: il n'est plus en mesure d'exprimer quoi que ce soit d'intelligible. C'est justement ce mystere d'une origine de la sensation ressentie et de l'identité vraisemblable du sujet représenté qui permet à cette image de se libérer d'une quelconque qualité illustrative particuliere et de solliciter le niveau le plus intuitif de la perception : là où naissent les sensations comprises en tant que véhicules de savoir, celles qui précèdent la logique et sont plus intimes qu'elle.

Bacon a besoin de renoncer à la logique causale et de la boulverser par l'action picturale pour en faire apparaitre et transformer de maniere comprehensible quelque chose qui vient de l'inconscient : cette masse complexe, multiple, contradictoire des emotions et les images obsessionnelles qu'elle suscite. Voila sa matiere premiere: l'experience humaine seule et le substrat inconscient sur lequel elle repose. Avec l'emergence de l'inconscient dans la peinture, l'existence insignifiante de l'individu assume la dimension d'une experience mythique, d'une situation qui transforme les vicissitudes multiples et empiriques en parcours tragique de l'homme.



Dernière édition par le Jeu 15 Déc - 20:43, édité 2 fois

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