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1 Re: Puvis de Chavannes (1824-1898) le Lun 6 Juin - 0:22

Prométhée

filou

Mara a écrit:merci beaucoup pour ces précisions éclairantes Prométhée, et pour les repros de la toile du panthéon que je n'étais pas parvenue à trouver. ok-ok


De rien Mara , tout le plaisir fut pour moi , ça m'a permis d'appronfondir un peu sur un artiste que je connaissais tres mal , et je te remercie pour l'initiative de ce topic . Au niveau des dimensions des images , faut il les reduire ou pas ? Entre parantheses j'ai apprécié ton amorce du topic , le fait que tu abordes ce sujet , par ta relation avec l'oeuvre de Puvis De Chavannes , le fait que tu partages avec nous ta perception et ton resenti .

2 Re: Puvis de Chavannes (1824-1898) le Ven 10 Mar - 20:59

Mara

filou

Bon, je n'en peux plus de bonheur depuis quelques heures, alors je viens faire état de ma joie sur le topic concerné. yeah !!!
Aujourd'hui, stage à Amiens, pas inintéressant, mais j'ai séché l'après-midi pour aller voir l'expo "Puvis de Chavanne - une voie singulière à l'époque de l'impressionnisme" qui se termine après-demain. Et j'ai super bien fait, c'était une merveille ! ok-ok

L'expo regroupait beaucoup d'oeuvres de peintres de l'époque de Chavanne (parfois on pouvait penser que c'était un prétexte pour pouvoir exposer plus de toiles et donner du corps à l'expo, mais bon...), dont pour certains, la parenté avec Chavanne était intéressante, qu'elle ait fonctionné dans un sens ou l'autre.
Et il y avait aussi beaucoup de toiles et esquisses préparatoires de Chavanne. Cela permettait de vraiment se faire une idée de ses méthodes, de la façon dont il a souvent réutilisé tel ou tel mouvement, ou figure à plusieurs années d'intervale. Il faisait, refaisait, et réutilisait.
Au delà de ça, on découvrait certaines toiles (en grand format à Orsay ou au Panthéon) dans une version en petit format, en esquisses (parfois quadrillés pour permettre une transposition en grand format plus facile). C'est vraiment impressionnant de voir une technique maîtrisée par quelqu'un, depuis l'esquisse -souvent fabuleuse- au fusain, au crayon, ou à la sanguine, puis en peinture.

On découvrait aussi Chavanne drôle, plaisantant sur un croquis le représentant avec un autre peintre, en train de sonner chez Gustave Moreau, l'air un peu inquiets et se demandant si c'était bien ce jour-là qu'il les avait invités à manger. Rien de malsain dans la façon dont ces croquis étaient présentés, rien de très intime, aucune impudeur, juste de quoi faire exploser de rire à des dizaines d'années de distance, en voyant la tête de Gustave Moreau, penché à sa fenêtre, l'air aussi revêche qu'une chouette. Au détour d'une toile exploser de rire et avoir les larmes aux yeux d'avoir senti quelque chose se transmettre au delà des mots, au-delà de l'image même, juste dans une forme d'humour tellement simple et accessible. Bref, heum... j'ai adoré cette expo !

Revenons-en à ce que je voulais vous dire : les toiles étaient bien commentées, très brièvement, mais de façon efficace. Ce qui me permet de revenir sur ce dont je me souviens (l'imbécile que je suis a laissé prendre son sac sans s'armer d'un stylo, donc je ne vous fais ça que de mémoire, sorry) :


le ballon

Cette toile, postée plus haut, a pour modèle la compagne de Chavanne, laquelle lui a aussi servi de modèle pour Geneviève. (représentée sur les toiles au Panthéon)
En fait, le ballon est un ballon prussien, et la femme qui le montre du doigt tient dans sa main droite une baïonnette (me demandez pas, pourquoi, je ne l'avais pas vue jusque là, l'arme). Elle est celle qui protège symboliquement la cité de Paris alors que l'ennemi l'observe.


les oiseaux

Idem ici, cette fois, la femme protège la colombe (à la fois oiseau de paix et messager pendant la guerre contre la Prusse) de l'aigle prussien qui veut se saisir de Paris.

Il y a toute une dimension patriotique dans l'oeuvre de Chavanne, que je ne connaissais pas.
Par exemple, Chavanne a peint des toiles pour le musée de Picardie (où avait lieu l'expo), dont une qui représente des jeux, des hommes en train de jouer. Elle fait partie d'une série de plusieurs toiles, une sur le travail, une sur le recueillement, etc.
Mais le jeu auquel s'adonnent les hommes sur la toile, c'est un jeu de lance (jeu qui aurait donné son nom à la "Picardie"), rappelant le nom de la région dans laquelle il installe ces toiles. Dimension patriotique là encore.

je reviendrai vous saouler avec chavanne sous peu, promis. bise

Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

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