Bon ça y est j'ai terminé enfin LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR de Gaston Leroux.
Et hier je suis même allé voir le film.
Par rapport au livre j'ai eu beaucoup de mal en raison d'un vocabulaire désuet. Par exemple, en lisant ce roman j'ai appris des mots nouveaux du style " Prolégomènes " mais il ne me viendrait jamais à l'esprit de le resortir dans une conversation à moins de vouloir... :tappetaface:
Sinon il y avait d'autres mots dans le même tonneau. Par exemple je suis tombé sur l'expression " solution de continuité ". Il faut juste savoir que contrairement à ce qu'on pourrait croire, " une solution de continuité " est " une rupture "... Je vous ai bien
Donc mis à part ce vocabulaire abscons et désuet, il y avait aussi pas mal de subjonctifs pour ne rien arranger aux choses...
Enfin, pour conclure ce qui m'a vraiment rendu la lecture de ce roman très désagréable, c'est les références constantes à des points A, A', A'' qui correspondaient à des lieux représentés dans divers petits croquis qui prenaient des pages entières... C'était assez rébarbatif...
Au niveau du fond, ce qui m'a assez rebuté dans ce roman, c'est son sentimentalisme... Imaginez par exemple dans un roman d'Agatha Christie que le héros, Hercule Poirot, interrompe une de ses brillantes déductions pour fondre en larme en s'attendrissant devant sa chère maman qu'il vient à peine de retrouver... et vous aurez une idée assez juste de l'impression de gêne que m'a fait LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR. A la rigueur, devant les retrouvailles émouvantes entre Rouletabille et sa maman, le lecteur se sent de trop!
Mais mis à part cette critique, je dirai que Gaston Leroux mérite autant le respect dans le domaine du roman policier que Barjavel dans celui de la science-fiction. A l'instar de ce dernier, Gaston Leroux est un précurseur dont le héros, Rouletabille, n'était pas sans rappeler celui qui devait plus tard faire le régal de tous les amateurs du genre : Hercule Poirot. En effet, les deux personnages se ressemblent assez, car ce que l'un appelle " le bon bout de la raison " correspond assez " aux petites cellules grises " que l'autre affectionnait!
Enfin, puisqu'il faut évoquer aussi le film de Bruno Podalydès, dans lequel sont frère, Denis, joue le rôle de Rouletabille, je dirai qu'il est excellent!
En effet, Bruno Podalydès a l'intelligence d'extraire la quintessence de ce livre pour restituer dans son film toute la poésie du texte de Gaston Leroux. Il y ajoute des trouvailles personnelles tout à fait épatantes... A savoir des tours de magie, des calenbours, et beaucoup d'humour. Le personnage campé par Zabou, Edith Rance, est tout simplement génial. Outre le fait qu'elle répète à tout bout de champ dans le film " A TABLE ", elle ravit le spectateur notamment lorsqu'à la fin elle accueille le prince Galitch... C'est une scène d'anthologie où j'ai ri aux larmes... Mais je ne vous en dit pas plus!
Sinon, à défaut de le sentir, on entend le parfum de la dame en noir à travers une musique ennivrante... Jamais Sabine Azéma n'a été aussi fascinante que dans ce rôle...
La poésie des images, et l'aura de mystère qui enveloppe ce film dans un cadre du sud de la France tout à fait paradisiaque, m'ont permis de prolonger mes vacances pendant une heure trente!