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Mara


filou
Je n'étais pas au courant, et je te remercie de ces informations, même si toute cette affaire me désespère un peu. C'est tout simplement irréel. Seraient-ils devenus fous ???

Que l'on ait des problèmes (et particulièrement les profs d'histoire) pour enseigner quoi que ce soit dès que cela touche de près ou de loin à l'islam, c'est vrai, mais ça n'est pas à généraliser non plus, et évidemment ça n'est certainement pas une raison pour céder à une panique quelconque, ce qui a surtout pour effet à mon sens de stigmatiser encore plus un certain nombre d'élèves et de sujets à aborder dans l'enseignement.

Les éditeurs donnent du grain à moudre en faisant ce type de choix peu courageux, à ceux qui prétendent que vivre en collectivité ne serait plus possible et que nous serions au seuil de la guerre civile. Pis encore, si la situation était si grave que cela, si généralisée au point de concerner toute la France, partout, tous les musulmans français sans exception : il serait au contraire temps de retrousser les manches et de ne céder sur aucun terrain et surtout pas celui de ce qu'il osent les premiers appeler "l'école de la république".

Prométhée


filou
L'Article de Charlie Hebdo paru le mercredi 4 avril 2007:






ENFIN! UN MANUEL SCOLAIRE QUI RESPECTE PLUS LA RELIGION QUE L’ELEVE!

L ‘éditeur Belin floute le portrait du prophète Mohammed représenté dans une miniature du 13° siècle…

Des Profs d’histoire-géo nous écrivent:


En juin 2006, l’èquipe pédagogique du collège Léonard-de-Vinci, à Ecquevilly [78], a voulu remplacer le manuel d’histoire et géographie de cinquième. Après avoir consulté différents spécimens, le choix s’est porté sur le manuel proposé par les éditions Belin et dirigé par Remy Knafou (géographe) et Eric Chaudron (professeur en IUFM). En recevant le lot de livres destinés aux classes en octobre 2006, stupéfaction : dans la leçon sur le prophète Mohammed, chapitre 2, page 27, le visage du prophète sur un document du XIII° siècle a été soudainement « flouté » électroniquement. Ainsi, les éditeurs du manuel, mais aussi un professeur enseignant dans un institut de formation des enseignants acceptent de se plier à la censure religieuse et d’y entraîner l’enseignement public. Le pire, c’est que cela ne semble absolument pas gêner Belin, qui persiste et signe dans un échange de courrier, refusant au passage de reprendre les livres.

LES EXPLICATIONS DE BELIN AUX PROFS : (extrait d’un courrier daté du 23 nov.2006)

« A la suite de la présentation de notre nouveau manuel à vos collègues, professeurs d’histoire et géographie, dans de nombreux établissements, plusieurs d’entre eux nous ont fait part du caractère perçu comme provocant aujourd’hui d’une telle représentation du prophète Mohammed et, par conséquent, de la difficulté d’enseigner sereinement dans des classes très hétérogènes, en dépit du caractère historique incontestable du document présenté.[…]
Nous avons fait le choix de laisser à sa place ce document historique, mais de « flouter » de façon très visible, et en surimpression sur le document, la figure du prophète Mohammed. En agissant ainsi, nous avons voulu signifier que le document original montre bien une représentation du Prophète tout en intégrant les remarques formulées par vos collègues. Il nous a semblé que ce choix, qui ne falsifie pas le document, permettait d’en maintenir l’exploitation pédagogique, voire de provoquer un débat en classe. »

Prométhée


filou
L'objet du délit :






Maldoror


Posteur
Bonjour Prom' et merci de ces informations minutieusement documentées, comme à l'accoutumée avé

Les motifs invoqués par l'éditeur sont à ce point abscons qu'ils confinent, d'une part, à l'idiotie la plus servile vis-à-vis de l'Islam, et d'autre part, à un manque évident de sens pédagogique.
Avec ce "floutage" d'une représentation du prophète qui pourtant n'avait strictement rien d'outrageant (pas plus moralement que juridiquement) , l'éditeur vient de faire sien, sans équivoque possible, un interdit religieux en recourant de façon totalement inconsidérée à ce "principe de précaution" qui est devenu le costume préféré des nouveaux moralistes.

Le plus affligeant est que cette "affaire" tend à accréditer la vision d'un Islam nécessairement hostile à la raison alors que, en l'occurrence, il ne s'agit que de sa perception hystérique par des éditeurs aussi frileux que notoirement incompétents.

La France d'en haut m'énerve tant elle est bas de plafond en ce moment...

Maldoror


Posteur
A propos de l'affaire des caricatures elles-mêmes, je te renvoie à la lecture d'un article écrit avant que soit rendu le verdict du Tribunal de Grande Instance, sur lequel j'apprécierais d'avoir ton sentiment: http://lecrachoir.hautetfort.com/archive/2007/02/04/charlie-hebdo-en-proces-une-chronique-de-l-integrisme-ordina.html

Prométhée


filou
Maldoror a écrit:A propos de l'affaire des caricatures elles-mêmes, je te renvoie à la lecture d'un article écrit avant que soit rendu le verdict du Tribunal de Grande Instance, sur lequel j'apprécierais d'avoir ton sentiment: http://lecrachoir.hautetfort.com/archive/2007/02/04/charlie-hebdo-en-proces-une-chronique-de-l-integrisme-ordina.html


Salut Maldo.
Tout d'abord compliments pour ton article, Je l'ai trouvé bien rédigée et habilement contruit.
En suite je voudrais revenir sur quelques points avec toi.

Maldoror a écrit:d’une communauté, à plus forte raison quand celle-ci est représentée par des institutions à ce point contestées par ceux dont elle prétend aujourd’hui prendre la défense.


Pourrais tu me donner les reférences, ou me poster, les documents sur lesquels tu t'appuies en ce qui concerne ce point là.

Pour le reste, je suis en accord avec l'aboutissement de ton raisonnement c'est à dire que pour obtenir gain de cause, il aurait fallu que la justice reconnaisse Charlie Hebdo coupable de l'amalgame commis par les plaignants eux mêmes (une situation cocasse et absurde comme je les affectionne). J'ai trouvé également intéressante l'ouverture que tu nous propose à savoir, la mystérieuse absence des "modérés", silencieux ou ignorés, ça fait un moment que je me pose la question.

Merci pour ce texte Maldo, il m'a permis d'affuter mon avis sur l'affaire des caricatures. Je suis allé faire un tour sur Agora Vox, il y a des réactions surprenantes envers ton article, c'est à se demander comment certaines personnes ont lu ton article. J'ai peu être une hypothèse à savoir, qu'il aurait écouter avec le readspeaker, et alors là l'incompréhension est légitime. Une bonne idée ce readspeaker, mais trés mal exploité.

Demain je lirais Charlie Hebdo en procès II- De l'Anti-racisme© et de son bon usage, dont je te ferais également parvenir mon sentiment.

Prométhée


filou
Mara a écrit:Les éditeurs donnent du grain à moudre en faisant ce type de choix peu courageux


Malheureusement je n'ai pas réussit a avoir le journal de France Inter du 6 avril (archivage de merde entre paranthèse), dans lequel, Marie-Claude Brossolé se disait suite à son courageux choix de floutage être un pacificateur.

Prométhée


filou
Maldoror a écrit:Le plus affligeant est que cette "affaire" tend à accréditer la vision d'un Islam nécessairement hostile à la raison alors que, en l'occurrence, il ne s'agit que de sa perception hystérique par des éditeurs aussi frileux que notoirement incompétents.


Tout à fait d'accord avec toi.

Maldoror


Posteur
Prométhée a écrit:
Maldoror a écrit:A propos de l'affaire des caricatures elles-mêmes, je te renvoie à la lecture d'un article écrit avant que soit rendu le verdict du Tribunal de Grande Instance, sur lequel j'apprécierais d'avoir ton sentiment: http://lecrachoir.hautetfort.com/archive/2007/02/04/charlie-hebdo-en-proces-une-chronique-de-l-integrisme-ordina.html


Salut Maldo.
Tout d'abord compliments pour ton article, Je l'ai trouvé bien rédigée et habilement contruit.
En suite je voudrais revenir sur quelques points avec toi.


Merci M'sieur Prom'avé

Prométhée a écrit:
Maldoror a écrit:d’une communauté, à plus forte raison quand celle-ci est représentée par des institutions à ce point contestées par ceux dont elle prétend aujourd’hui prendre la défense.


Pourrais tu me donner les reférences, ou me poster, les documents sur lesquels tu t'appuies en ce qui concerne ce point là.


S'agissant de la contestation d'institutions telle que le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), je me réfère notamment au n° 76 de la revue "Les cahiers de l'Orient" ainsi qu'à l'ouvrage "Droit et religion musulmane" de Hafiz et Devers (Editions Dalloz)... fruits de recherches documentaires dans le cadre de la rédaction d'un rapport de recherche traitant de la "viabilité" des rapports juridiques entre l'Islam et la République.

Pour ce qui est des éléments factuels, je fais notamment référence aux luttes intestines entre les différentes tendances musulmanes pour accéder à la présidence des Conseils Régionaux des Cultes Musulmans, qui dénigrent fréquemment la légitimité du CFCM en ce qu'il constitue une tentative d'institutionnalisation de l'Islam "par le haut", centralisation qui opposent notamment l'UOIF à l'Organisation de la Grande Mosquée de Paris (les deux principaux acteurs du procès de Charlie Hebdo donc), révélant au passage la persistance d'une etnicisation de l'Islam, dans une concurrence entre "Islam marocain" et "algérien". De même, on trouve des exemples de cette contestation du CFCM dans le cadre de projets de mosquées cathédrales, tel celui de Marseille, où cinq années auront été nécessaires à la seule constitution d'une association "représentative" de la communauté musulmane de Marseille, en vue de gérer la future mosquée.

Prométhée a écrit:Pour le reste, je suis en accord avec l'aboutissement de ton raisonnement c'est à dire que pour obtenir gain de cause, il aurait fallu que la justice reconnaisse Charlie Hebdo coupable de l'amalgame commis par les plaignants eux mêmes (une situation cocasse et absurde comme je les affectionne). J'ai trouvé également intéressante l'ouverture que tu nous propose à savoir, la mystérieuse absence des "modérés", silencieux ou ignorés, ça fait un moment que je me pose la question.

Merci pour ce texte Maldo, il m'a permis d'affuter mon avis sur l'affaire des caricatures. Je suis allé faire un tour sur Agora Vox, il y a des réactions surprenantes envers ton article, c'est à se demander comment certaines personnes ont lu ton article. J'ai peu être une hypothèse à savoir, qu'il aurait écouter avec le readspeaker, et alors là l'incompréhension est légitime. Une bonne idée ce readspeaker, mais trés mal exploité.


Ma propre théorie quant aux nombreux et toujours facétieux commentateurs d'Agoravox est que ces derniers sont victimes d'un syndrome pavlovien de masse...

S'agissant des musulmans modérés, on ne les entend pas à mesure que l'on écoute ses propres craintes, voilà toute l'affaire...
Reste à écrire un article sur les musulmans "attentistes", dont le silence réel me semble paradoxalement bien plus inquiétant que les diatribes des intégristes... plus exactement, ce sont des formes de solidarité inconsidéré comme celle qu'a suscité l'exécution de Saddam Hussein, aussi musulman qu'un résistant de la dernière heure...

11 Re: Caricatures, l'objet du délit... le Mar 17 Avr - 19:41

Maldoror


Posteur
A propos de l'affaire d'"auto-censure" des éditions Belin, je suis tombé dans le cadre de mes recherches sur un extrait du livre "Le Savant et la Politique" de Max Weber.
Bien évidemment, il faut tenir compte du fait que l'extrait qui va suivre a été écrit à une époque (1919) où l'Ecole de la République n'avait pas trahi sa mission première pour satisfaire à la mascarade démagogique du "droit de l'élève", cette transposition institutionnelle de l'Enfant-roi pour le plus grand malheur de ce dernier.

"La science "sans présuppositions", en tant qu'elle refuse la soumission à une autorité religieuse, ne connaît en fait ni "miracle" ni "révélation". Sinon elle serait infidèle à ses propres présuppositions. Mais le croyant connaît les deux positions. Cette science "sans présuppositions" exige de sa part rien de moins - mais également rien de plus - que le souci de reconnaître simplement que, si le cours des choses doit être expliqué sans l'intervention d'aucuns de ces éléments surnaturels auxquels l'explication empirique refuse tout caractère causal, il ne peut être expliqué que par la méthode que la science s'efforce d'appliquer. Et le croyant peut admettre cela sans aucune infidélité à sa foi. [...] La tâche primordiale d'un professeur capable est d'apprendre à ses élèves à reconnaître qu'il y a des faits inconfortables, j'entends par là des faits qui sont désagréables à l'opinion personnelle d'un individu; en effet, il existe des faits extrêmement désagréables pour chaque opinion, y compris la mienne. Je crois qu'un professeur qui oblige ses élèves à s'habituer à ce genre de choses accomplit plus qu'une oeuvre purement intellectuelle, je n'hésite pas à prononcer le mot d'"oeuvre morale", bien que cette expression puisse peut-être paraître trop pathétique pour désigner une évidence aussi banale.
Le prophète et le démagoque n'ont pas leur place dans une chaire universitaire. [...]"

Prométhée


filou
Maldoror a écrit:
Prométhée a écrit:
Maldoror a écrit:d’une communauté, à plus forte raison quand celle-ci est représentée par des institutions à ce point contestées par ceux dont elle prétend aujourd’hui prendre la défense.


Pourrais tu me donner les reférences, ou me poster, les documents sur lesquels tu t'appuies en ce qui concerne ce point là.


S'agissant de la contestation d'institutions telle que le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), je me réfère notamment au n° 76 de la revue "Les cahiers de l'Orient" ainsi qu'à l'ouvrage "Droit et religion musulmane" de Hafiz et Devers (Editions Dalloz)... fruits de recherches documentaires dans le cadre de la rédaction d'un rapport de recherche traitant de la "viabilité" des rapports juridiques entre l'Islam et la République.

Pour ce qui est des éléments factuels, je fais notamment référence aux luttes intestines entre les différentes tendances musulmanes pour accéder à la présidence des Conseils Régionaux des Cultes Musulmans, qui dénigrent fréquemment la légitimité du CFCM en ce qu'il constitue une tentative d'institutionnalisation de l'Islam "par le haut", centralisation qui opposent notamment l'UOIF à l'Organisation de la Grande Mosquée de Paris (les deux principaux acteurs du procès de Charlie Hebdo donc), révélant au passage la persistance d'une etnicisation de l'Islam, dans une concurrence entre "Islam marocain" et "algérien". De même, on trouve des exemples de cette contestation du CFCM dans le cadre de projets de mosquées cathédrales, tel celui de Marseille, où cinq années auront été nécessaires à la seule constitution d'une association "représentative" de la communauté musulmane de Marseille, en vue de gérer la future mosquée.


Salut Maldo c'est avec beaucoup de retard que je te répond et je m'en excuse. Tout d'abord je te remercie pour les précisions apporté ci-dessus. Ensuite je suis bien d'accord avec toi en ce qui concerne le syndrome pavlovien de masse.


Maldoror a écrit:S'agissant des musulmans modérés, on ne les entend pas à mesure que l'on écoute ses propres craintes, voilà toute l'affaire....


Selon toi s'agit-il vraiment de nos propres craintes, ou des craintes nos moyens d'informations?


Maldoror a écrit:Reste à écrire un article sur les musulmans "attentistes", dont le silence réel me semble paradoxalement bien plus inquiétant que les diatribes des intégristes... plus exactement, ce sont des formes de solidarité inconsidéré comme celle qu'a suscité l'exécution de Saddam Hussein, aussi musulman qu'un résistant de la dernière heure...


Penses tu vraiment que la solidarité suscitée par l'exécution de Saddam Hussein, a été une solidarité religieuse ?

Maldoror


Posteur
Prométhée a écrit:


Maldoror a écrit:Reste à écrire un article sur les musulmans "attentistes", dont le silence réel me semble paradoxalement bien plus inquiétant que les diatribes des intégristes... plus exactement, ce sont des formes de solidarité inconsidéré comme celle qu'a suscité l'exécution de Saddam Hussein, aussi musulman qu'un résistant de la dernière heure...


Penses tu vraiment que la solidarité suscitée par l'exécution de Saddam Hussein, a été une solidarité religieuse ?


Bonjour Prométhée,

S'agissant de ta question relative à la nature exacte des craintes vis-à-vis de la religion musulmane, je travaille actuellement à cette dimension de la problématique, en lisant notamment "La peur en Occident" de Jean Delumeau...
Pour commencer, il me semble impératif de distinguer très clairement l'islam fondamentaliste qui sévit sur la scène internationale de l'islam "ethnique" ou "identitaire" qui tente de s'intégrer plus ou moins harmonieusement dans les pays européens où émigrent les populations dites "musulmanes".

S'agissant de l'Islam fondamentaliste, les craintes sont justifiées en ce que l' objectif de ce dernier est sans équivoque possible l'asservissement politique des sociétés occidentales, via la substitution des préceptes coraniques aux valeurs démocratiques.
S'agissant de l'Islam identitaire, la problématique est bien moins évidente. D'une part, cette dimension de l'Islam ne s'oppose pas dans l'absolu au "modèle d'intégration à la française" ou plus généralement au principe de laïcité... les difficultés émergent seulement lorsque certaines associations musulmanes font grief à la laïcité d'être foncièrement anti-musulmane et appelle ainsi à renégocier le pacte républicain via un "assouplissement" des principes de la laïcité. Dans ce cas, le temps n'est pas à la crainte mais à la réaffirmation des principes républicains.
D'autre part, il peut exister une certaine convergence d'intérêt entre le fondamentalisme musulman proprement dit et l'Islam identitaire, dès lors que certaines revendications légitimes du second sont considérés par le premier comme le simple prélude vers des revendications de plus grande envergure. Ainsi en est-il des actions menées par l'UOIF qui pratique l'"entrisme", en s'offrant dans l'espace public une légitimité socio-politique au travers de revendications menées conjointement avec d'autres associations.

Bref, s'il est vrai que les voix des musulmans modérés nous sont trop fréquemment dissimulées par le tapage médiatique autour du fondamentalisme musulman qui se propage sur la scène internationale, il importe de ne pas négliger que nombre de revendications modérées sont appuyées par des associations dont les finalités sont rien moins que totalitaires, ou du moins visent à imposer le communautarisme.

S'agissant de la solidarité autour de l'exécution de Saddam Hussein, comment dire... solidarité vaguement religieuse (Islam identitaire, à mon sens) mâtiné d'un anti-américanisme viscéral fort commode pour occulter la religion même des bourreaux de Saddam Husssein... bref, une réaction qui illustre l'aporie que constitue l'"Oumma".

Maldoror


Posteur
Au fait, ceci pourra vraisemblablement t'intéresser : La construction de mosquées, une exigence laïque?

En plus de ta réaction sur l'ensemble de l'article, je serais d'ailleurs tout à fait preneur de ton sentiment sur l'expéricence niçoise en la matière...

15 Re: Caricatures, l'objet du délit... le Sam 12 Mai - 20:05

Prométhée


filou
Maldoror a écrit:
Prométhée a écrit:


Maldoror a écrit:Reste à écrire un article sur les musulmans "attentistes", dont le silence réel me semble paradoxalement bien plus inquiétant que les diatribes des intégristes... plus exactement, ce sont des formes de solidarité inconsidéré comme celle qu'a suscité l'exécution de Saddam Hussein, aussi musulman qu'un résistant de la dernière heure...


Penses tu vraiment que la solidarité suscitée par l'exécution de Saddam Hussein, a été une solidarité religieuse ?


Bonjour Prométhée,

S'agissant de ta question relative à la nature exacte des craintes vis-à-vis de la religion musulmane, je travaille actuellement à cette dimension de la problématique, en lisant notamment "La peur en Occident" de Jean Delumeau...
Pour commencer, il me semble impératif de distinguer très clairement l'islam fondamentaliste qui sévit sur la scène internationale de l'islam "ethnique" ou "identitaire" qui tente de s'intégrer plus ou moins harmonieusement dans les pays européens où émigrent les populations dites "musulmanes".

S'agissant de l'Islam fondamentaliste, les craintes sont justifiées en ce que l' objectif de ce dernier est sans équivoque possible l'asservissement politique des sociétés occidentales, via la substitution des préceptes coraniques aux valeurs démocratiques.
S'agissant de l'Islam identitaire, la problématique est bien moins évidente. D'une part, cette dimension de l'Islam ne s'oppose pas dans l'absolu au "modèle d'intégration à la française" ou plus généralement au principe de laïcité... les difficultés émergent seulement lorsque certaines associations musulmanes font grief à la laïcité d'être foncièrement anti-musulmane et appelle ainsi à renégocier le pacte républicain via un "assouplissement" des principes de la laïcité. Dans ce cas, le temps n'est pas à la crainte mais à la réaffirmation des principes républicains.
D'autre part, il peut exister une certaine convergence d'intérêt entre le fondamentalisme musulman proprement dit et l'Islam identitaire, dès lors que certaines revendications légitimes du second sont considérés par le premier comme le simple prélude vers des revendications de plus grande envergure. Ainsi en est-il des actions menées par l'UOIF qui pratique l'"entrisme", en s'offrant dans l'espace public une légitimité socio-politique au travers de revendications menées conjointement avec d'autres associations.

Bref, s'il est vrai que les voix des musulmans modérés nous sont trop fréquemment dissimulées par le tapage médiatique autour du fondamentalisme musulman qui se propage sur la scène internationale, il importe de ne pas négliger que nombre de revendications modérées sont appuyées par des associations dont les finalités sont rien moins que totalitaires, ou du moins visent à imposer le communautarisme.

S'agissant de la solidarité autour de l'exécution de Saddam Hussein, comment dire... solidarité vaguement religieuse (Islam identitaire, à mon sens) mâtiné d'un anti-américanisme viscéral fort commode pour occulter la religion même des bourreaux de Saddam Husssein... bref, une réaction qui illustre l'aporie que constitue l'"Oumma".


Je suis d'accord avec toi, sur les dangers que représentent l'islam fondamentaliste, ainsi que sur le problèmes que peuvent représenter les associations qui appuyent les "modérés",et il est indiscutable que la finalité soit d'imposer le communautarisme. Mais trés hônnetement Maldo, je ne vois pas comment religion et communautarisme pourrait être dissocié. Alors, j'ai compris que le problème n'était pas la notion communautariste en soi, mais l'action d'imposer le communautarisme. Mais là encore, peut-on vraiment dissocier communautarisme, et l'action de l'imposer?

Quand à la solidarité religieuse envers Sadam Hussein, je pense également qu'elle est purement identitaire, car sur le fond Sadam et religion ne faisait pas bon ménage. Bref, cette récupération et vraiment une belle mascarade, car un véritable non sens, hormis celui d'une récuperation de l'anti-americanisme.

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