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    Cédric KLAPISCH

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    peter
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    Message par peter le Sam 6 Fév - 21:50

    Cédric Klapisch : vous aimez ?

    Pour moi, Cédric Klapisch est le meilleur réalisateur Français du moment. C’est le seul cinéaste Français avec peut-être aussi Abdelatif Kechiche à qui je trouve vraiment du talent ! J’ai été un de ses fans de la première heure depuis son premier film en 1992, Riens du tout. Je l’ai même vu en chair et en os en Octobre 1998 dans le cadre d’une nuit Klaphisch organisée par le Gaumont d’Alésia au cours de laquelle ce cinéma a eu la bonne idée de projeter tous les films qu’il avait réalisé. La nuit Klapisch avait commencée à 20h30 avec la projection de Riens du tout et s’était achevée à 5H00 du matin avec Chacun cherche son chat. Tous ses long-métrages, tous ses court-métrages étaient au programme de cette nuit exceptionnelle. Le réalisateur, accompagné de l’équipe du tournage de Peut-être est même intervenu au cours de la soirée. Il était entouré de Géraldine PEILHAS, Romain DURIS, Zinedine SOUALEM, Riton LIBMAN (le fils d’Aldo Maccione) et Léa DRUCKER (la nièce de Michel).

    J’ai vu tous ses films au moins 4 fois chacun. Je connais ce réalisateur sur le bout des doigts.

    Mais aujourd’hui j’ai pris du recul et de la distance pour être davantage critique vis-à-vis de lui. Un peu comme un homme qui se souvient avec nostalgie de l’époque où étant enfant il allait au cinéma voir les films de Georges Lucas, les Star Wars, mais qui devenu adulte y trouve moins de plaisir. Je crois que Cédric Klapisch a suscité des attentes qu’il n’a jamais satisfaites. Depuis les succès d’Un air de famille, de L’Auberge espagnole ou Des Poupées russes, Klapisch a trouvé son public et plafonne à 3 millions d’entrées en proposant des comédies divertissantes et populaires !

    En effet, ce réalisateur fait du cinéma comme Anna Gavalda ou Frédéric Beigbeder font de la littérature. Notez bien que j’adore Frédéric Beigbeder et que j’ai lu également tous les livres d’Anna Gavalda. Mais la comparaison n’est pas flatteuse pour Klapisch car s’il a obtenu la reconnaissance du grand public, il n’a jamais obtenu la reconnaissance de ses pairs. Aucun César marquant n’a couronné sa carrière de metteur en scène (on peut mettre entre parenthèse le succès d’Un air de famille aux Césars pour des raisons évidentes : il s’agit d’une pièce de théâtre dont il n’est pas l’auteur mais qu’il a eu le mérite d’adapter au cinéma).

    Autre critique que je lui ferai : si j’ai aimé inconditionnellement tout ce qu’il a fait, je ne peux citer aucun de ses films dans la liste de mes films cultes. J’irai même plus loin, ses films ont été à chaque fois pour moi des rendez-vous manqués. Je pense que Cédric Klapisch a du talent et qu’il porte en lui un grand film, un grand chef-d’œuvre du cinéma Français dont il n’a pas encore accouché. A la sortie de chacun de ses films j’attends l’heureux évènement, le film qui donnerait naissance à une nouvelle dimension dans la carrière de Cédric Klapisch, le film qui lui donnerait enfin la reconnaissance qui lui fait tant défaut. Il s’est attaqué à plusieurs reprises à des projets très ambitieux tels que Peut-être, ou Paris où il a sollicité une pléiade de grands acteurs (Binoche, Duris, Dupontel, Cluzet, Lucchini, Mélanie Laurent, etc…). Mais le résultat n’a jamais été à la hauteur des espérances qu’il a suscitées. Tous les films de Cédric Klapisch sont en fait des chef-d’œuvres inachevés…

    Cédric Klapisch a conquis la popularité en adaptant la pièce d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre BACRI, Un air de famille. Ce film a enregistré 2 500 000 entrées. Mais s’il est devenu un réalisateur connu, il n'est pas un réalisateur reconnu.

    Au lieu de le critiquer, je voudrai vous dire pourquoi presque 20 ans après la sortie de son premier film, Riens du tout, je préfère lui rester fidèle. Tous ses films se ressemblent pour quatre raisons.

    Ils ont un dénominateur commun : Klapisch y apparaît dans un rôle de figurant à l’instar de Hitchcock ou de Rembrandt qui réalisait régulièrement des auto-portraits. Dans tous ses films il y a également un acteur qui fait des caméos : Zinedine SOUALEM. C’est devenu son acteur fétiche qui fait en quelque sorte le lien entre tous ses films. Dans certains films de Klapisch (Ni pour Ni contre, Chacun cherche son chat), il fait plus que de la figuration et sa participation va au-delà du simple clin d’œil ! Ceux qui ont vu Riens du tout ne peuvent pas oublier la scène d’anthologie où il se dispute avec Simon ABKARIAN qui lui reproche de faire le père noël gratuitement.

    Troisième dénominateur commun à tous ses films : ils mettent en valeur Paris. Cédric Klapisch entretient avec cette ville une relation charnelle au point qu’il a donné le nom de cette ville au titre de son dernier long-métrage. Tous ses films ont pour cadre Paris, et cette ville apparaît dans ses films comme un acteur à part entière qui joue un rôle de premier plan. Même dans L’Auberge Espagnole, si Barcelone est davantage mise à l’honneur, Paris reste le point de départ et le point d’arrivée du héros, Xavier.

    Il est un autre film moins connu dans lequel Paris tient une place importante : Chacun cherche son chat.

    Tous les films de Cédric Klapisch ont également un autre point commun : ils mettent en scène un conflit.

    Dans Riens du tout, c’est le conflit dans l’entreprise car Monsieur Lepetit, interprété par Fabrice Lucchini, a pour mission de développer le chiffre d’affaires des Grandes Galeries. Les actionnaires lui mettent la pression car la survie et la pérennité de l’entreprise en dépendent. Pour atteindre ses objectifs, Monsieur Lepetit, mise sur le facteur humain car comme dirait Bodin, « Il n’est richesse ni force que d’hommes ». Il affirme à ses employés : « Je ne veux pas que vous disiez : « Je suis aux Grandes Galeries » mais que vous disiez « Je suis les Grandes Galeries » ». Ses méthodes de management visent à instaurer un esprit de corps et une osmose au sein de son personnel afin de le faire adhérer à ses objectifs. Il met en place des stages au cours desquels ses employés développent une sorte de thérapie de groupe ou s’adonnent encore au saut à l’élastique. La mise en place de telles méthodes ne va pas se faire sans heurts. Monsieur Lepetit va atteindre ses objectifs, mais il va se faire prendre à son propre piège dans un univers de l’entreprise où le cynisme est toujours de rigueur ! Si vous n’avez pas vu ce merveilleux film choral dans lequel on découvre pour la première fois à l’écran Karin Viard dans un second rôle (elle est vendeuse), je vous exhorte à le voir ! Comme dirait St Expéry : « La grandeur d’un métier est peut-être avant tout d’unir les hommes. Il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. » C’est exactement le credo du personnage interprété par Fabrice Lucchini qui mise sur le facteur humain dans son entreprise pour développer son chiffre d’affaires. Il s’agit de motiver le personnel et de l’impliquer dans la destinée de l’entreprise !

    Il y a ensuite Le péril jeune, qui aborde le thème du conflit au lycée. Mais ce film autobiographique vieillit mal car il met en scène les aspirations d’une jeunesse post-soixante-huitarde qui flirte avec une idéologie complètement désuète ! C’est néanmoins l’occasion de découvrir pour la première fois à l’écran Romain DURIS, inoubliable dans son interprétation de TOMAZI. On croise encore pour la première fois Vincent Elbaz, Hélène de Fougerolles. Pour un film qui a d’abord été diffusé sur ARTE comme un téléfilm avant de sortir en salles, c’est un long-métrage qui a lancé la carrière de nombreux acteurs dont Elodie Bouchez que Gainsbourg avait révélé dans Stan the flasher. Evidemment, dans ce lycée, les élèves sont en conflit avec leurs professeurs et expriment la rébellion de toute une génération contre le système. Dans ce film, les parents se rendent comptent que leurs enfants ont à coup sûr grandi quand ils cessent de poser des questions et demandent qu’on ne leur en posent pas !

    Dans Un air de famille, Cédric Klaphisch connaît enfin le succès d’un point de vue commercial avec un beau résultat en nombre d’entrées. Il obtient la reconnaissance du grand public en surfant sur la vague du succès de cette pièce de théâtre d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri qu’il adapte au cinéma. Ce film met en scène le conflit dans la famille.

    Dans Chacun cherche son chat, Klapisch réalise un film sympa en assemblant des bouts de ficelle. En effet, en partant d’une histoire banale, une jeune maquilleuse qui part en vacances trois semaines et confie la garde de son chat à une vieille dame qu’on lui a recommandé. Mais à son retour de vacances, la vieille dame a perdu le chat. Alors notre héroïne va passer des annonces dans son quartier afin de retrouver son animal de compagnie favori. Ce film met en scène le conflit entre voisins, mais aussi le conflit entre les générations, la solitude des vieilles personnes qui sous prétexte de chercher le chat, cherchent surtout à noyer leur solitude ! Un très beau film tellement humain qui nous fait aimer Paris, le quartier de la Bastille et les gens qui y habitent dans lesquels on se reconnaît tellement !

    Dans Peut-être, Cédric Klapisch s’attaque à un projet ambitieux : réaliser un film d’anticipation dans lequel il imagine Paris à la fin du XXIème siècle. Il s’agit d’un Paris enseveli sous le sable. Paradoxe du film : c’est Romain Duris qui joue le rôle du père de… Jean-Paul Belmondo! En effet, au soir du réveillon de l’an 2000, Romain Duris traverse le couloir du temps et va à la rencontre de son fils 70 ans plus tard. Lui est jeune, car il a à peine 20 ans et il rencontre son fils dans le futur qui a plus de 70 ans. Il n’est pas décidé à avoir un enfant, mais son fils virtuel, essaie de le convaincre de le mettre au monde ! Ce film met en scène le conflit né du refus de la paternité ! Le père et le fils s’affrontent !

    Dans L’Auberge espagnole, Cédric Klapisch réussit l’un de ses plus beaux films dans lequel il s’intéresse au conflit né du choc des cultures. C’est l’un des seuls films qui parle de l’Europe sans être rébarbatif ! On y retrouve encore Romain Duris l’un des acteurs fétiches de Cédric Klapisch. Comme dirait Antoine de St Exupéry : « Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit. » Tel est le message de ce très beau film où Xavier part à Barcelone dans le cadre du projet ERASMUS. Il partage un appartement avec des étudiants de plusieurs nationalités : un Allemand, un Italien, une Espagnole, un Danois, une Belge (interprétée par l’inoubliable Cécile de France), une Anglaise (et son frère qui tiendra la vedette dans Les poupées Russes, la suite).

    Dans Ni pour ni contre, bien au contraire, Cédric Klapisch essaie d’élargir le champ de ses compétences au film noir, au polar. Il nous montre comment une honnête femme incarnée par Marie Gilain, une caméraman, va basculer dans l’illégalité en suivant une bande de malfrats qui l’enrôlent dans un casse ! Ce film met en exergue le conflit entre le bien et le mal qui se situe au plus profond de nous-mêmes ! Ce film éclaire donc le conflit entre des jeunes bandits et la société dont ils rejettent les lois !

    Enfin, on retrouve avec plaisir Xavier dans la suite de L’auberge espagnole, Les poupées Russes. Ce film décrit le conflit amoureux né des relations de Xavier ! En effet, à l’instar d’Octave dans Au secours Pardon, Xavier est à la recherche de la femme idéale. Il rencontre de nombreuses femmes et chacune est comme une poupée russe car elle lui permet de franchir un palier supplémentaire dans sa quête de la femme idéale… Il ne sait jamais quelle femme se cache derrière la dernière femme qu’il a rencontré et il ne sait toujours pas si la femme qu’il a rencontrée n’est pas la dernière !

    Enfin, pour que la boucle soit vraiment bouclée, après Riens du tout, son premier film, Cédric Klapisch renoue avec le film choral en réalisant Paris. C’est-à-dire qu’il nous montre dans ce film une multitude de personnages qui se croisent parfois mais qui ont chacun une histoire différente ! Leur seul point commun c’est Paris de même que dans Riens du tout, le lien entre tous les personnages était l’entreprise, les Grandes Galeries. Paris est donc comme un patchwork de scènes de la vie parisienne qui forment un ensemble assez cohérent ! Dans Paris, le conflit existe entre les personnages car il leur suffirait de deux lettres pour que Paris devienne le Paradis à l’instar de cet immigré Africain qui à la fin du film découvre la capitale Française qui représente pour lui l’ELDORADO. Le film Eden à l’ouest de Costa Gavras était sûrement en germe dans cette scène qui conclut le film de Klapisch ! En tout cas, ces personnages souffrent de contradictions qui leur empêchent de jouir pleinement de la vie ! Comme dirait le poète Andalou, Mout’amid : « Abreuve à coups redoublés ton cœur car maint malade s’est ainsi guéri et jette-toi sur la vie comme sur une proie car sa durée est éphémère. Te laisseras-tu ainsi mené par la tristesse jusqu’à la mort, alors que le luth et le vin sont là qui t’attendent. » Et en effet, c’est le cœur du héros, Pierre, incarné par Romain Duris, qui menace de lâcher. L'attente d'une grave intervention chirurgicale de la dernière chance met donc la vie de Pierre en pointillés. C’est au moment où il sent que la vie lui échappe qu’il en découvre toute la valeur. Il s’ouvre enfin aux autres et notamment à sa sœur… Ce sont souvent ceux qui vont mourir qui nous apprennent à vivre ! Et pour Cédric Klapisch, Paris, c’est la vie ou du moins c’est le cadre qui l’a vu presque naître (il est né à Neuilly) et qui l’a vu grandir. Chacun de ses films est comme une déclaration d’amour à cette ville et si vous ne vous en étiez pas aperçu plus tôt, il vous suffit de regarder son dernier film éponyme sur Paris qui est on ne peut plus explicite ! On y découvre qu’il en va de la vie comme du Paris décrit par le personnage de Luchini : une évolution fondée sur le conflit perpétuel entre l’ancien et le moderne.

    J’aime Klapisch car on se reconnaît dans tous ses films qui mettent en exergue la vie de simples gens. Il choisit toujours des acteurs aux antipodes des canons de la beauté Hollywoodienne. Ainsi, il sélectionne une habitante dans son quartier, Renée Le Calm, pour jouer le rôle de Madame Renée dans Chacun cherche son chat. Le choix est d’autant plus judicieux, que l’histoire lui est réellement arrivée ! Elle apparaît régulièrement dans les films de Klapisch : Le péril Jeune, Peut-être ou encore Paris. Il choisit donc des acteurs qui nous ressemblent et à travers lesquels on s’identifie très facilement car ils ont avec nous comme qui dirait… un air de famille.

    De plus, ses films s’adressent à un public très particulier : les jeunes ! Le péril jeune nous montre les angoisses et les doutes des adolescents dont le drame est qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent mais qui le veulent à tout prix. Dans L’Auberge espagnole ou Les Poupées Russes, ses plus grands succès, les héros incarnent des jeunes d’aujourd’hui en quête de donner un sens à leur vie et de la vie à leurs sens !

    J’aime Klapisch car il a su prendre des risques en relevant à chacun de ses films un Pari(s) audacieux ! En effet, Peut-être est un film d’anticipation, Ni pour ni contre est un film noir ! Il s’est agi à chaque fois pour lui d’un exercice de style dans lequel il s’est éloigné du genre qui l’a rendu populaire, la comédie, pour ajouter de nouvelles cordes à son arc ! Malheureusement, il n’a pas rencontré le succès escompté avec ces deux films. Un air de famille est également un exercice de style qui lui a permis d’adapter au cinéma une pièce de théâtre qui avait rencontré le succès grâce aux acteurs qui l’avaient porté : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri !

    J’aime Klapisch car c’est un grand Pygmalion du cinéma Français qui nous a révélé de grands talents tels que Karin Viard, Romain Duris, Hélène de Fougerolles, Vincent Elbaz, etc… La liste n’est pas exhaustive !

    J’aime Cédric Klapisch car il a réussi de grandes choses avec de petits moyens comme dans Le péril jeune où avec 5 figurants il réussit à recréer une manifestation étudiante et la répression des CRS. Avec une histoire banale, il réussit un très beau film, Chacun cherche son chat. Klapisch est ce metteur en scène génial qui serait même capable de faire jouer un porte-manteau !

    J’aime Klapisch, car ses films sont comme une pièce différente du même puzzle qui représente au final une jolie carte postale de la ville de Paris, cette ville magique qu’il met si bien en lumière à travers son cinéma !

    J’aime Cédric Klapisch car chacun de ses films nous aide à aimer un peu plus la vie !


    CONCLUSION

    Avec des Riens du tout, Klapisch est le cinéaste qui parle le mieux du Péril jeune ! Les jeunes, il n’est Ni pour ni contre, bien au contraire ! Tous ses personnages nous ressemblent, ils ont avec nous comme Un air de famille. Ses films sont comme Des Poupées russes, on ne sait jamais ce qu’on va trouver après le précédent ! Son cinéma est une Auberge espagnole car ses films sont comme des miroirs où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous ! Quand Chacun cherche son chat dans Paris, c’est Peut-être soi-même qu’on retrouve !
    Mara
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    Message par Mara le Lun 12 Avr - 11:12

    Merci pour ce tour d'horizon de ton Klapish Peter. J'ai lu ton papier il y a un bon moment et ne trouve le temps de te donner mon avis que ce matin, désolée du retard... (et bise)

    J'ai apprécié ado "Le Péril jeune", vu sur Arte, donc, avec toute la série des courts et films sur l'adolescence qui était passionnante. Puis, revu au cinéma, et il fut l'un de mes films phares pour passer les alentours de la quinzaine... Difficile d'être objective le concernant, donc, il reste une petite madeleine selon la recette définie par Proust, lol.

    Mon préféré reste sans doute "chacun cherche son chat", notamment pour le plaisir d'y voir jouer Olivier Py, qui est un metteur en scène que j'appréciais à Orléans quand j'y vivais. Un film de presque rien pourtant délicieux, qui ne vise pas le débat philosophique, mais se contente de faire bien ce qu'il promet. Ces bribes de vie croisées sont attachantes. Et tu soulignes enfin le choix des acteurs qui fait sans doute une grande partie du charme de Klapish. Qu'il s'agisse d'inconnus ou de visages que l'on reverra chez lui, cette fidélité est touchante et ses choix toujours judicieux. Tu cites Zinedine Soualem, qui n'est pas une des moindres grâces de ce film...

    On a fait de Klapish l'un des espoirs du cinéma français, et c'est presque dommage car ce battage ne correspondait pas à la modestie qui me semble être la sienne. Malgré le manque de récompenses que tu soulignais, et je peux comprendre si pour toi il est un réalisteur important... je pense pour ma part que les récompenses en question n'ont pas de catégories faites pour Klapish... Et pourtant le drame tragi-comique de "un air de famille", bien supérieur à la pièce à mon avis, eût mérité d'être récompensé dans cette catégorie...

    J'ai aimé "Paris", comme on aime une bluette qui pourtant touche même si l'on s'en défend des choses essentielles (le rapport à la mort, à la mort d'un proche, aux liens du sang et particulièrement au rapport frère/soeur, magnifiquement joué ici par Binoche que pourtant je n'apprécie pas trop...et par Duris qui encore se réinvente, lui qui pourtant reste parfois dans des créneaux assez restreints, à cause de son physique, et on peut comprendre les réalisateurs, c'est tentant...). Je l'avais vu avec Maldo, sorti de là tout comme moi de joyeuse humeur et sous le charme. On se dit ça va être long, et puis non c'est une valse... Comme on renoue avec le cinéma populaire, cette définition première : raconter une belle histoire, faire rêver les gens, emporter un peu un temps loin du quotidien... un projet peu ambitieux peut-être, mais mené à bien, et ça n'est pas si simple que de produire cela. Le cinéma français dans ce registre peine, il faut bien l'admettre.


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    Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? (S. Jerzy Lec)

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