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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:17

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1988themechanicstahtalwayshave

    The Mechanics That Always Have a Gear Left Over - 1988
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:21

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1985southafricannazismjeanmich

    South African Nazism - 1985
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:28

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1984francescoclementejeanmiche

    Francesco Clemente - 1984
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:34

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1983thedeathofmichaelstewartje

    The death of Michael Stewart - 1983
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:40

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1982qualitymeatsforthepublicje

    Quality meats for the public - 1982
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:46

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1982piscineversusthebesthotels

    Piscine versus the best hotels - 1982
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:51

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1982anextloinandorjeanmichelba

    1982 - A next loin and / or - Jean Michel Basquiat
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 4:57

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1983aaronijeanmichelbasquiat6g

    Aaron I - 1983
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 5:04

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1983blackjeanmichelbasquiat3vy

    Black - 1983
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 5:07

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1987despuesdeunpunojeanmichelb

    Despues de un puno - 1987
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 5:13

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 1981ironyofnegropolicemanjeanm

    Irony of negro policeman - 1981
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 5:20

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Logojeanmichelbasquiat2jj

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    Message par Prométhée Ven 22 Avr - 16:19

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 810bq


    Downtown 81

    Genre: comédie dramatique

    Année de production: 1981 - Américain - durée 1h13

    Réalisateur: Edo Bertoglio Acteurs:Jean-Michel Basquiat

    Synopsis: Une journée dans la vie d'un jeune artiste qui a besoin d'argent pour récupérer son appartement. Déambulant dans les rues de Manhattan avec un tableau qu'il espère vendre, il multiplie les rencontres. Son oeuvre vendue mais payée par chèque, il tente ensuite de retrouver une fille croisée auparavant pour qu'elle l'héberge.

    Downtown 81 - Bande annonce

    Downtown 81 - Complement d'informations
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Mara Lun 26 Sep - 19:10

    Bonjour Prométhée,

    Je ne peux pas dire (à une ou deux repros près) que Basquiat me touche. Tu m'avais déjà parlé de la lecture psychanalytique que l'on peut faire de son oeuvre, et je suis certaine que cela ajoute à l'intérêt et à la compréhension. Malgré tout, j'ai une question qui me taraude...

    Il y a quelques années, je suivais une option théâtre au lycée, dans le cadre de laquelle nous sommes allés voir pas mal d'expos d'art contemporain. Il était de bon ton de s'extasier sur des oeuvres que celles de Basquiat me rappellent beaucoup.
    De prime abord, je n'ai jamais été touchée par ce genre de chose, ce n'est donc pas un plaisir brut qui s'offre parfois dans la contemplation artistique. A moins de conceptualiser la vision, on ne peut apprécier certaines toiles, et c'est ce qui me dérange.

    J'ai vu pas mal d'oeuvres qu'il était de bon ton d'aimer parce que celui qui les faisait était en asile psychiatrique, (la fabuleux mythe du créateur fou...) et tenait un discours enfantin sur le rapport au monde. Non à cause d'une technique particulière, ou d'un sujet particulier... le principal argument d'appréciation était toujours fondé sur l'auteur des oeuvres, sa vie, sa démence.
    Et je me demande dans quelle mesure Basquiat n'a pas profité du même genre de phénomène. (?)
    Qu'il crée, je ne le remets pas en question... Ce qui m'étonne c'est la valeur que peuvent prendre des toiles, qui peintes par quelqu'un d'autre n'auraient sans doute pas la même. N'y a-t-il pas là dedans comme un plaisir de la haute bourgeoisie qui "s'encanaillerait" à acheter l'art d'un homme ayant vécu, peint, dans la rue, se droguant de façon notoire, etc. ???

    J'espère que la question ne te vexera pas, il ne s'agit pas de remettre en cause la qualité de ces toiles ni le degré d'appréciation que tu peux y porter. J'aime Kandinski sans y connaitre rien, et pour un émoi qui n'a rien de réfléchi, alors je comprends d'autant mieux que l'on aime un peintre contemporain quand en outre on a le bagage pour le faire.

    La question est d'ordre général.

    De plus, parmi ce que tu as posté et ce que j'ai pu voir, je trouve que les toiles faites en collaboration avec Warhol sont un peu moins originales. On y sent une répétition qui ne me plait guère et qui (je trouve) sens la "production en série".

    <question que je me pose... Prom' est-il armé??? surpris
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Mar 27 Sep - 19:36

    Bonjour Mara
    Ok pour tes questions , je vais essayé d'y repondre le mieux possible . Quelques petites mises au point auparavant:
    - Les reponses que je vais apporter n'ont aucune legitimité , ce ne sera que mon point de vue , et elles n'engageront que moi .
    - Vu le nombres de questions posées , je te repondrais en plusieurs fois , en ciblant les questions une a une , et les reponses ne viendront que au fur et a mesure .
    - Quand au fait que la question me vexe , absolument pas du tout , dans le contexe general je suis satisfait que quelqu'un souleve la polemique dont peuvent faire preuves les oeuvres de Basquiat , et je suis content d'en debattre , et dans le contexe personel , je ne me suis absolument pas positionné sur l'oeuvre de Basquiat , et meme si je l'avais fais je suis conscient de ne pas etre le detenteur supreme du bon gout artistique .

    Donc pour commencer a la question "Prom' est il armé???", je te reponds "toujours" .


    Dernière édition par le Ven 7 Juil - 19:36, édité 1 fois
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Mer 30 Nov - 19:00

    Tout d'abord , désolé Mara d'avoir mis autant de temps a te repondre .

    Mara a écrit:De prime abord, je n'ai jamais été touchée par ce genre de chose, ce n'est donc pas un plaisir brut qui s'offre parfois dans la contemplation artistique. A moins de conceptualiser la vision, on ne peut apprécier certaines toiles, et c'est ce qui me dérange.

    Je ne suis pas d'accord avec toi , a mon avis le "plaisir brut" existe dans son oeuvre. Certe, Basquiat peut paraitre minimaliste sur certaines de ses toiles, et lors de la contemplation de ces dernieres le plaisir brut et plus difficilement palpable. Mais, il n'y a pas de conceptualisation dans l'oeuvre de Basquiat comme il y a en une, par exemple, dans l'oeuvre d'Anselmo ou de Oppenheim (cf. images ). Dans l'oeuvre de Basquiat , il n'existe pas de demarche conceptuel, ce qui predomine c'est son expression, a laquelle on est plus ou moin sensible.

    1Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Mussa8tc2Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Vito_acconci

    1-Untitled-Giovanni Anselmo-1968
    2-Brûlures au deuxième degré-Dennis Oppenheim
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    Message par Mara Mer 30 Nov - 23:24

    Ce que tu nommes le plaisir brut dans ces toiles, je ne le conteste pas.

    par contre, il n'y en a pas chez moi quand je les regarde. Du coup, je me demande si je rêve ou s'il serait possible que les gens qui l'apprécient soient passés par des concepts pour pouvoir le faire.
    Ce que je n'arrive pas à comprendre chez Basquiat (comme chez d'autres peintres), c'est qu'il ait eu autant de succès.
    Chez la plupart des peintres dont nous avons parlé jusqu'à présent, il ne m'est pas difficile de trouver des qualités évidentes.
    Basquiat ne me parle pas, du tout.
    A partir de là, évidemment, je suis assez étonnée de son succès.
    Non que j'imagine avoir un goût sûr en art, ça n'est pas la question.
    mais justement je me demande si il ne faut pas être vraiment connaisseur pour apprécier ce type d'oeuvre.
    (en fait, Basquiat me pose le même pb que Joyce en littérature)

    ma question portait surtout sur la nécessité que l'on se trouve parfois de devoir justifier quelque chose qui ne vous donne aucun plaisir par le concept qui parerait l'oeuvre de mille richesses ; à défaut de l'aimer, on apprendrait à l'apprécier.

    j'ai reformulé la chose, car je ne suis pas sûre de l'avoir bien fait au départ.

    merci pour ces illustrations prom', oui, c'est aussi à ce type d'art que je pensais. J'en ai avalé au km à 15 ans, et maintenant ça m'énerve. Je dois régresser.


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    Message par Prométhée Mer 30 Nov - 23:31

    Mara a écrit:Et je me demande dans quelle mesure Basquiat n'a pas profité du même genre de phénomène. (?)
    Qu'il crée, je ne le remets pas en question... Ce qui m'étonne c'est la valeur que peuvent prendre des toiles, qui peintes par quelqu'un d'autre n'auraient sans doute pas la même. N'y a-t-il pas là dedans comme un plaisir de la haute bourgeoisie qui "s'encanaillerait" à acheter l'art d'un homme ayant vécu, peint, dans la rue, se droguant de façon notoire, etc. ???

    La fébrilité de Basquiat , sa fulgurante ascension , et sa mort prématuré se prêtent magnifiquement à le transformer en mythe , en incarnation de l'artiste comme marginal exemplaire. depuis le romantisme , l'image de l'artiste poussé par sa force créatrice s'est vue associée en outre a celle de la fragilité psychique , de l'exclusion sociale et de l'echec qui en resulte. Des peintres comme Van Gogh , qui fut privé de reconnaissance pendant toute sa vie , et qui se blessa mortellement d'une balle tirée en pleine poitrine , "suicidé par la société" ( Antonin Artaud ), ont contribué de manière décisive à façonner cette image. Et des destinées comme celle de Jackson Pollock subissantun traitement psychiatrique a partir de 1937 pour de graves problèmes d'alcollisme , mort en 1956 d'un accident automobile , continuent aujourd'hui de nourrir ce cliché .

    Ceci etant dit , les mecanismes culturels et les conceptions éculées du génie ne suffisent nullement à expliquer la célébrité de Basquiat. En effet , a coté de ses qualités purement picturales , il convient de tenir compte de la situation de l'art au début des années 80 , au moment où Basquiat apparaît sur la scène artistique. Dans l'amérique des années 70 , parallèlement aux principaux représentants du Pop Art comme Roy Lichtenstein , Claes Oldenburg , Robert Rauschenberg et Andy Warhol , l'activité artistiqueet le marché de l'art avaient surtout été dominés par l'art conceptuel et le minimalisme. Le public était lassé des hermétiques arragement de dalles d'un Carl André et des caissons d'apparence industrielle de Donald Judd , des spéculations mathématiques d'un Sol LeWitt et de la peinture de Frank Stella refusant délibérément tout commentaire, tandis que les musées américains ne prêtaient aucunes attentions au nouveau courant et tendances de l'art. Cette tache est assumée de plus en plus par les galeries , qui portent alors leurs interets vers l'Europe. En même temps , le marché de l'art explose. Il est de bon ton d'acheter de l'art, qui est promu au rang d'objet de placement dans lequel on investit comme dans des actions.Les collectionneurs commencent à acheter de l'art dans les années 80 , et sont aujourd'hui encore déterminants lorsqu'il s'agit de faire des carrières d'artistes. Les representant de la société americaine ne se contentent plus de leur soutien routinier des musées, soutien qu'ils conçoivent comme une part de leur responsabilité sociale , mais considérent de plus en plus comme incontournable de se promener le week end dans les galeries branchées , d'assister à des vernissages ou de rendre visite aux artistes dans leus ateliers. l'art devient un élement constitutif du life-style , et poussé par l'angoisse de ne pas être au sommet de la vague , on achète ce qui est vanté comme le nec plus ultra du moment . Des listes d'attentesont ouvertes , dans lesquelles les collectionneurs doivent s'inscrire , ce qui conduit a la situation absurde que les artistes se mettent en quelques sortes a produire à la demande , selon la lois du marché. Les conséquences sont catastrophiques, si l'on tentait jusqu'alors de placer dans les musées des oeuvres ayant une qualité particulière , l'art s'achete désormais a tort et a travers . Des Oeuvres clés atterrissaient dans des collections privées avant de réapparaître sur le marché deux ou trois ans plus tard , mais alors à des prix prohibitifs pour les musées.

    Par ailleurs , un nouveau type de galeriste attise alors le boom de l'art . Le galeriste ne se contente plus de soutenir l'art et les artistes , mais il prend aussi les rênes dujeu qui definit l'evolution des prix. Achetant et revendant les oeuvres a seule fin de mieux le revendre a la premiere occassion juteuese , il ne cesse de faire monter les prix . Le propos n'est plus seulement de faire des affaires et de soutenirs des courants artistiques , comme par le passé , mais le galeriste devient lui-même une star. Par sa politique commerciale , il décide de la direction que doit prendre l'histoire de l'art contemporain.

    L'explosion du marché de l'art suscite l'apparition d'un grand nombre de galeries , dont certaines travaillent avec plus d'enthousiasme que de sens artistique. A la fin des années 80 la Mecques des colectionneurs d'art s'installe pendant une courte periode en bordure se SoHo, à East Village, ou vit alors la scène alternative . Cette installation coïncide avec la commercialisation du "Graffiti art". Contrairement à ce qu'on se plît a affirmer, le graffiti n'etait pas l'art des anfants noirs du Bronx protestant contre leur exclusion sociale à coups de tags et de noms signés sur les façades d'immeubles et dans le métro , mais un phénomène ignorant les barrières de race comme de classe. Si l'on veut associer le graffiti à une couche social particulière , il faut citer en premier lieu celle des descendants d'immigrés du tiers-monde et d'Europe, dont les parents appartiennent a la couche inférieure des classes moyennes.Au moment ou Basquiat commence à ecrire des graffitis sur les murs de SoHo sous le pseudonymes SAMO, l'emergence du mouvementen tant que phénomène de masse anarchique a déjà dépassé son apogée et est en voie de commercialisation par le marché de l'art. Kenny Scharf et Fred Braithwaite , Lee Quinones et Rammellzee ne sont deja plus des adolescents , mais des artistes murs possédant chacun une identité propre.

    Au cours des années 80 , la valeurs artistique et la valeur marchande de l'oeuvre sont devenues indissociables , et même elles se confondent . L'oeuvre d'art est interchangeable avec les médias non artistiques et des stratégies publicitaires telles que l'affiche et les mises en scène photographiques , qui recèlent une charge sémantique equivalente à celle de l'oeuvre d'art elle-même. Concernat Basquiat , on ne peut partir du fait qu'il ait jamais eu le moindre contrôle sur la commercialisation de son oeuvre . D'ailleurs, la commercialisation englobe aussi la personne de Basquiat , le seul artiste noir à avoir connu une ascension dans l'Olympe des stars internationales de la peinture, un olympe défini aussi par les prix . Une grande part de son succés et de son échec doit etre rapportée a sa négritude et au racisme latent de la scène artistique new-yorkaise.

    Extrait de Basquiat et la scène artistique des années 80 de Leonhard Emmerling
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Mara Mer 30 Nov - 23:39

    Je me doutais un peu de ce que tu expliques à la fin de cette réponse.
    Il a fallu en passer par là pour que pas mal de monde soit reconnu, et que l'art ne soit pas réservé. Ce serait donc inutile de tirer à boulet rouge sur ce phénomène, qui me semble logique, implacable, sans doute critiquable, mais qui a néanmoins fait avancer les choses. si déplorable et caricatural cela soit au premier abord, on ne peut pas le regretter tout à fait.
    pour moi, cela a la même valeur que l'extrémisme, qui permet de donner une impulsion parfois vitale.
    Tu confirmes ce que j'avais cru comprendre du "phénomène Basquiat".


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    Message par Prométhée Mer 30 Nov - 23:53

    Mara a écrit:De plus, parmi ce que tu as posté et ce que j'ai pu voir, je trouve que les toiles faites en collaboration avec Warhol sont un peu moins originales. On y sent une répétition qui ne me plait guère et qui (je trouve) sens la "production en série".

    La sensation de repetition vient de la touche Warhol , dont la démarche etait de présenté froidement sous formes de séries , les thèmes liés a la consommation. Aucune subjectivité , aucune emotion , et surtout aucune denonciation , l'image dematerialisé ne veut donner a voir qu'un constat objectif de la societe americaine.
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    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Empty Re: Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 )

    Message par Prométhée Jeu 1 Déc - 0:45

    Jean Michel Basquiat ( 1960 - 1988 ) - Page 3 Basquiatarrozconpollo1iw

    Arroz con Pollo, 1981
    Acrylique et pastel gras sur toile, 172.7 x 213.4 cm
    Collection particulière, Courtesy Tony Shafrazi Gallery, New-York


    La peinture montre une figure masculine tendant a une femme assise un poulet dans un plateau. Bien que peu spectaculaire du point de vue anecdotique, la scène est néanmoins dominée par une impression d'épouvante. La femme tient son sein gauche dans sa main droite, comme si elle l'offrait en présent à l'homme, et semble prise d'une horreur indicible, comme l'indique ses cheveux hirsutes et sa physionomie déformée jusqu'au masque, tandis que l'homme désigné par une couronne de rayons ou d'épines lui tend la nourriture d'un regard calme , tourné de coté presque humblement. L'aspect épineux des cheveux de la femme , répété par son bras transformé en une sorte de pince, par les jambes de l'homme en forme de râteau, par son aspect squelettique et par plusieurs signes non figuratifs en forme de grille, renforce l'impression de menace et de violence sous jacente.

    Cette peinture a ete decrite comme l'une des rares oeuvres de Basquiat a représenter un interieur.Mais hormis les formes d'armatures qui pourraient représenter une table et une chaise, le tableau ne contient pas d'autre indication permettant de conclure qu'il pourrait s'agir d'un interieur.

    Cette peinture montre de façon exemplaire la diversité des moyens stylistiques mis en oeuvre par basquiat pour une seule et même oeuvre.
    En même temps, elle illustre parfaitement la problématique homme-femme récurrente tout au long de son oeuvre.

    Texte de Leonhard Emmerling

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