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    La conception du social (1er Round)

    Maldoror
    Maldoror
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    La conception du social (1er Round) Empty La conception du social (1er Round)

    Message par Maldoror Mar 31 Jan - 12:23

    ndx2 a écrit:LA CONCEPTION DU SOCIAL CHEZ DURKHEIM






    Émile Durkheim naît à Épinal en 1858, dans une famille de rabbins, et meurt à Paris en 1917. Il est considéré comme le fondateur de la sociologie moderne. Influencé par le positivisme, il énonça la spécificité du fait social, indépendance du groupe par rapport aux hommes qui le composent et considère les faits moraux comme des sociaux. Ses cours et ses écrits traitent de la solidarité sociale, du suicide, du fait moral et religieux, des méthodes pédagogiques... En 1895, il publie Les règles de la méthode sociologique qu'on peut considérer comme le « discours de la méthode » de la sociologie. Durkheim assigne à la sociologie l'étude d'un objet particulier qu'il appelle les faits sociaux et qu'il définit comme «toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure; (ou bien encore), qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendantes de ses manifestations individuelles ». Nous allons voir tout d'abord comment Durkheim définit le fait social, puis le rapport qu'il établit entre l'individu et la société.




    Tout n'est pas social dans une société. Tout le monde boit, mange, dort, et ça n'a rien de social. Il y a cependant une place pour le social, concernant par exemple le budget investit dans l'alimentation, le contenu de l'alimentation, les trois repas par jour, des régimes alimentaires particuliers, etc. Durkheim dit que toutes ces règles que j'appliquent existaient avant ma naissance. Il présente deux caractères distinctifs du fait social. Les faits sociaux sont extérieurs à l'individu et doivent être expliqués "par les modifications du milieu social interne et non pas à partir des états de la conscience individuelle " afin de ne pas confondre les faits sociaux avec d'autres variables telles que la psychologie du sujet, son contexte familial, culturel, etc. Un des caractères du fait social est donc l'extériorité. Nous disons que le fait social est extérieur à l'individu et aux consciences individuelles, car mon devoir d'époux, de frère ou de citoyen n'est pas créé par moi même. J'exécute cette tâche en dehors de moi. C'est le rôle de l'éducation de m'apprendre ces tâches. Le fait social est extérieur car il existe en dehors de moi, c'est à dire objectivement, même s'il est vécu subjectivement. Il m'est antérieur, les règles sont définies en dehors de moi, elles existent indépendemment de moi. Le fait social est donc extérieur à l'homme car il préexiste à l'individu lorsqu'il nait et qu'il perdure après sa mort. Le fait social représente donc " un certain état de l'âme collective ".

    Le fait social s'impose à l'homme comme une contrainte. Non seulement, ces types de conduite et de pensée sont extérieures à l'individu, mais en plus elle s'imposent à l'individu, qu'il le veuille ou non. Le fait social s'impose à l'homme comme une contrainte. Ca devient naturel, c'est culturel et social. Il correspond à un système de normes établies pour et par la société et n'est que rarement modifiables autrement que par un bouleversement social, l'homme acquiert nombre d'entre elles dès le début de son éducation et tend à en intérioriser une grande partie. Si on doit imposer toutes ces manières à l'enfant, c'est qu'elles lui sont bien extérieures, et que ce sont des contraintes puisqu'on l'y oblige. En effet, Durkheim dit qu'éduquer c'est contraindre un individu à agir de la manière dont on doit agir dans un monde déterminé. Dès l'enfance, le caractère contraignant des faits sociaux se fait moins évident et devient une habitude: c'est le principe de socialisation. Ce n'est pas une contrainte ressentie par l'individu, mais par le sociologue qui étudie ces faits. C'est une contrainte pour l'individu quand il ne respecte pas les règles. Le non-respect des règles de vie sociale peut entraîner une sanction de la part de la société. De plus, le respect de ces règles conditionne pour partie la réussite d'une action. La contrainte peut être plus ou moins violente, et la sanction plus ou moins directe. Cela dépend du type de sanction, juridique ou sociale. Elles peuvent être directes ou indirectes mais dans tous les cas, elles ne cessent de rappeler à l'individu que ce sont les faits sociaux qui s'imposent à lui et non le contraire. Un vol peut être puni par une peine de prison mais il existe aussi des sanctions moins manifestes. Le phénomène de la mode est l'un des cas les plus explicites : si une personne décide de porter une écharpe autour du pied, les moqueries et les regards amusés de son entourage constitueront une sanction à ce non-conformisme bien qu'il ne soit pas contraire à la loi. Le fait social est une manière d'agir ou de penser où s'exprime la contrainte que fait peser sur chacun l'appartenance à un groupe.




    Les deux principales caractéristiques d'un fait social sont donc son caractère collectif et contraignant. Le holisme, issu d'Emile Durkheim, consiste à expliquer des faits sociaux par d’autres faits sociaux. La société exerce une contrainte, un pouvoir de coercition sur l’individu qui doit intérioriser les principales règles et les respecter. Les comportements individuels sont donc socialement déterminés. Nous allons voir comment l'individu se comporte face à la collectivité, le rapport qu'il y a entre celui ci et la société.




    La société ne s'explique pas comme une somme d'individus mais c'est plutôt le comportement individuel qui s'explique par la société. La manière de penser, de sentir et d’agir des individus leur viennent du dehors. Avec l’attachement au groupe social, l’individu agit moralement quand il le fait en vue d’un intérêt collectif, qui dépasse les fins personnelles. La personnalité collective agit sur les personnalités individuelles et leur survit. Pour que l’individu s’y sente attaché, elle doit aussi avoir un intérêt pour lui, il doit sentir qu’elle prend racine en lui. Étant le produit de la société, l’homme ne peut pas agir que dans son propre intérêt. Il doit sentir qu’il participe au maintien de cet ordre qui l’a socialisé, qui lui a tout appris « «ce qu’il y a de meilleur» » en lui. Une personnalité morale se constitue du fait du rassemblement collectif. Faits uniquement de représentations individuelles, dans des consciences individuelles, les états collectifs demeurent néanmoins le résultat d’une interaction qui affecte l’individu du dehors et l’amène à penser et sentir autrement. L’état collectif est plus puissant que l’état individuel parce qu’il est au point où convergent le sentiment individuel et l’accord des autres. Et quand le sentiment individuel n’y est pas, le point de vue des autres se fait tout de même sentir. Posant l’origine et l’ancrage des phénomènes sociaux dans les consciences, Durkheim maintient sa conception d’une vie sociale qui se surajoute aux vies individuelles, mais qui n’existe qu’à travers les hommes associés et les choses que leurs activités produisent et mobilisent.

    Contrairement aux représentations individuelles, les représentations collectives sont investies d’un ascendant moral que l'on perçoit par la contrainte qu’elles exercent sur les consciences et par la généralité de leurs effets dans les milieux où on les entretient. Le conformisme des individus vis-à-vis de l’ordre collectif serait dû « à la sympathie qui nous pousse à ne pas froisser le sentiment de nos compagnons pour pouvoir mieux jouir de leur commerce » ou bien encore « au respect que nous inspirent les manières d’agir ou de penser collectives et à la pression directe ou indirecte que la collectivité exerce sur nous pour prévenir les dissidences et entretenir en nous ce sentiment de respect ». Lorsque l’individu évolue consciemment, sa conduite a un caractère social. Le mécanisme reste le même : une quiétude de ce que les autres en pensent s’interpose entre la représentation de l’acte et son exécution. La vie sociale contraint également l’individu par les écrits, les objets et l’aménagement du territoire qu’elle produit. Toute action qui a lieu dans le cadre d’une réaction, ne serait-ce qu’en pensée ou au contact du support matériel d’un milieu moral, est donc plus complexe qu’un réflexe immédiat d’imitation. Suivant les nouvelles vues de Durkheim, l’individu oriente sa conduite sous la détermination des états collectifs qu’il interprète, qui l’habitent ou qui le contraignent du dehors.




    L'apport de Durkheim à la sociologie est fondamental puisque sa méthode, ses principes et ses études exemplaires, comme celle sur le suicide, constituent jusqu'à nos jours les bases de la sociologie moderne. Alors que Durkheim tentait d'expliquer les phénomènes sociaux à partir des collectivités, un de ces contemporains, Max Weber, étudiait une toute autre approche de la sociologie, parfaitement à l'opposé du holisme de Durkheim. Au contraire, Karl Marx et Émile Durkheim ont souvent la réputation de s’être essentiellement intéressés tous deux au collectif et de parler au nom du collectif
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    La conception du social (1er Round) Empty Re: La conception du social (1er Round)

    Message par Nancy Mar 31 Jan - 12:58

    saut Merci Maldoror!
    Pour l'instant, il ne manque que le petit article dont tu nous as parlé Smile
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    Message par Maldoror Mar 31 Jan - 13:07

    Pour Durkheim, il existe donc deux leviers fondamentaux à la sociabilité des individus:

    - Une auto-régulation de notre comportement ("la sympathie qui nous pousse à ne pas froisser le sentiment de nos compagnons") visant à organiser une meilleure gestion des rapports humains ("pour pouvoir mieux jouir de leur commerce").

    Ce premier argument sociologique n'est pas étranger à celui d'Adam Smith qui, analysant les mécanismes de l'économie, avance que "Chaque individu est continuellement en quête de l’emploi le plus avantageux quel que soit le capital qu’il peut commander. En effet, seul son avantage compte, pas celui de sa société. Mais la quête de son avantage l’amène naturellement, ou plutôt nécessairement, à préférer l’emploi qui sera le plus avantageux pour sa société…Nous ne nous attendons pas au bénévolat du boucher, du brasseur ou du boulanger pour manger, mais à leur soucis de bien-être, en ne leur parlant jamais de nos besoins mais de leurs avantages"
    On voit sans peine la similitude entre ces deux approches et l'un des éléments fondateurs de toute société, la recherche raisonnée de l'intérêt individuel.

    - Une soumission d'estime (le respect que nous inspirent les manières d’agir ou de penser collectives) ou une soumission imposée par "la pression directe ou indirecte que la collectivité exerce sur nous pour prévenir les dissidences et entretenir en nous ce sentiment de respect" .

    Ce second argument de Durkheim, pertinent, appelle cependant des développements, notamment sur les modalités d'imposition du respect de la norme sociale.
    A ce titre, la sociologue Valérie de Courville Nicol a traité cette question non pas sur le simple plan du jeu des normes contraignantes, mais en étudiant les processus de légitimation du contrat social au moment de son imposition après la Révolution Française.
    Selon elle, outre le premier levier précédemment évoqué, la production de l'homme moderne, sociabilisé, domestiqué diront les plus cyniques, repose essentiellement sur une intériorisation systématique de la peur, sur un modèle de société fondé sur la peur de l'Autre.

    Ci joint, "La production de l'homme moderne, ou le passage de la peur à l'intérieur" - Valérie de Courville Nicol:
    http://www.erudit.org/revue/socsoc/2002/v34/n1/009758ar.pdf


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    Message par Maldoror Ven 3 Fév - 12:31

    La petite NDX2 est atendue au guichet pour une discussion sociologique, je répète la petite ndx2 est attendue au guichetje répète, la petite ndx2


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